ALGÉRIE
29/03/2019 16h:22 CET | Actualisé 29/03/2019 18h:07 CET

Au cœur de la manifestation, l’Algérie de demain est déjà rêvée

Au cœur de la manifestation de ce sixième vendredi de contestation pacifique, l’Algérie de demain est déjà là.

RYAD KRAMDI via Getty Images

Au cœur de la manifestation de ce sixième vendredi de contestation pacifique, l’Algérie de demain est déjà là. Elle est espérée et rêvée par les Algériens de tout âge. Ils croient à ces lendemains meilleurs et livrent leurs espérances qu’ils souhaitent voir se réaliser au plus vite.

“Tous ensemble nous vaincrons”, une énorme banderole est accrochée de bon matin à l’extrémité des deux côtés du tunnel des facultés à Place Audin. Des jeunes se démènent pour que le message inscrit soit bien lisible. Un message à la fois de solidarité et de détermination pour le pays qui vit depuis plusieurs semaines une contestation sur tout le territoire national cotre le système en place.

Le changement est en cours, et l’Algérie de demain commence à germer dans l’esprit des gens et chacun l’idéalise à sa manière.

Pour Djamel âgé aujourd’hui de 71 ans “les bourreaux à la tête de cette Algérie” doivent partir. “J’ai 71 ans et vous savez quel est le point en commun que j’aie avec mon petit-fils de 4 ans? C’est qu’on a connu dans notre vie que le Parti unique ! C’est énorme, une vie entière”.

Sur une chaise roulante, une jeune handicapée accompagnée de sa mère prend son premier bain de foule ce dernier vendredi du mois de mars. Émerveillée, elle regarde les manifestants chanter l’hymne national. Son souhait à elle, des routes adaptées pour qu’elle puisse se déplacer en toute sécurité et autonomie.

Réda, 39 ans souhaite que l’Algérie après la chute du régime en place offre à son fils une éducation de qualité. “Je veux que mon fils aille à l’école publique comme toutes les Algériens. L’école privée est pour une certaine catégorie du peuple, dans l’école algérienne on apprend l’appartenance à toutes les souches de la société”, souligne ce papa.

Pour Amel, elle espère voir ses frères revenir en Algérie. Ils vivent à l’étranger ou des meilleurs de carrières se sont offertes à eux. Cette sœur, dira sur un ton mélancolique: “je veux que l’Algérie de demain me rende ma famille”.

Imène a 20 ans et est étudiante en pharmacie. Cette jeune femme veut vivre dans une Algérie qui met les citoyens au cœur de ses préoccupations. “Il fait toujours beau à Alger mais on n’en profite même pas». Imène veut des lieux de loisirs, des transports qui lui permettent de visiter son vaste pays, une Algérie où l’on se soigne dignement et bien d’autres. “Je veux tout simplement un pays qui donne envie de vivre, jusque-là on survivait”.

Ce sont là des espoirs qui sont restés longtemps enfouis. Le changement est déjà en cours. Les langues se délient, on parle de nos espoirs, de nos rêves qui sont le socle sur lequel repose l’Algérie de demain.