TUNISIE
05/11/2019 12h:59 CET

Au Chili, ces danseuses deviennent un symbole des manifestations pacifiques

La douceur de la danse pour protester pacifiquement au Chili.

CHILI - Un peu de poésie, dans cette cacophonie. Alors que le Chili est en proie à une crise sociale sans précédent depuis plus de deux semaines, les manifestants, toujours dans les rues, réclament des réformes au gouvernement du président Sebastian Pinera. De ces manifestations pacifiques émergent des photos symboliques un peu particulières représentant des danseuses en ballerines. Une façon pour ses dernières de manifester différemment. 

Photographiées à Santiago ou à Concepcion, ces danseuses sont immortalisées dans des pas de danse et brandissent (pour la plupart) le drapeau chilien. Selon le média chilien Meganoticias, l’une des photos a été prise à Santiago par la photographe María Paz Morales, lauréate du prix national Sony World Photography Awards 2019. On peut y voir la danseuse Catalina Duarte, drapeau à la main, en haut et jupe rouge, au beau milieu de la Grande Marche du 25 octobre. 

“C’était une seconde de tranquillité réalisée par l’art, a déclaré la photographe à Meganoticias. Lorsque les forces de police nous ont vus, leur réaction a été de marcher vers nous, mais lorsque nous avons placé Catalina devant eux, ce fut un moment de lumière, ils ont reculé”.

De son côté, Sarhay Flores (24 ans) pose ci-dessous avec ses chaussons de danse. Auprès du média BioBioChile, elle explique: “Il y a beaucoup de façons de protester et la danse en est une, car parfois les mouvements peuvent exprimer plus que quelques mots”. 

Elle se sert également de sa passion pour expliquer les manifestations: “Nous devons être comme les danseurs: lorsque nous devons répéter pour une présentation, nous essayons encore et encore jusqu’à ce que nous obtenions ce que nous souhaitons. Nous, le peuple chilien, devons faire de même, ne pas baisser les bras, ne pas cesser de se battre et être plus unis que jamais. Ce afin d’atteindre nos objectifs et avoir ce que l’on demande”, a déclaré la jeune femme qui a été photographiée spontanément par sa mère.

Réforme du système de retraites et une révision de la Constitution

Le week-end prolongé dans le pays, où le 1er novembre est un jour férié, n’a pas fait faiblir la mobilisation. Plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont une nouvelle fois afflué au centre de Santiago, sur la plaza Italia, lieu de rassemblement emblématique de la contestation, a constaté l’AFP.

La manifestation, majoritairement pacifique, a rassemblé 20.000 personnes, selon les autorités locales. Des incidents isolés entre manifestants et forces de l’ordre, déployées en nombre, ont éclaté lorsque ces dernières ont tenté de disperser les protestataires à coup de lacrymogènes et de lances à eau.

Brandissant des drapeaux chiliens et des bannières de la nation mapuche, principale ethnie amérindienne du pays, de très nombreux jeunes, ainsi que des familles, ont participé au rassemblement.

 

 La mobilisation restait également forte dans le reste du pays. Ainsi des protestataires ont-ils marché entre Valparaiso (centre) et la ville voisine de Vina del Mar, distante d’environ 8 km. Un cortège de voitures pavoisées de drapeaux chiliens a défilé à Punta Arenas, dans l’extrême sud. 

Les manifestants réclament notamment une réforme du système de retraites et une révision de la Constitution, tous deux hérités de la période de la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990), ainsi que de profondes réformes du modèle économique ultra-libéral chilien. 

Certains exigent également la démission du président conservateur Sebastian Pinera, impuissant jusqu’à présent à juguler la crise malgré l’annonce d’une batterie de mesures sociales et un important remaniement gouvernemental.

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