MAROC
09/06/2015 04h:14 CET | Actualisé 09/06/2015 08h:14 CET

Attribution du Mondial 2010 à l'Afrique du Sud: "Le Maroc pourrait réclamer justice"

Julia Manzerova/Flickr
Attribution du Mondial 2010 à l'Afrique du Sud:

FOOTBALL - Nouveau rebondissement dans le scandale de corruption au sein de la FIFA. Selon un article paru dimanche 7 juin dans le Sunday Times, le Maroc aurait dû remporter l’organisation de la Coupe du monde 2010, à la place de l’Afrique du Sud, lors du vote pour désigner le pays hôte.

C’était en 2004 à Zurich, en Suisse. "Des rumeurs ont circulé à l’époque. Mais il était difficile d’avoir des preuves: le protocole stipulait que personne ne pouvait assister au dépouillement des votes, mis à part le notaire suisse et ses clercs", explique au HuffPost Maroc Said Belkhayat, ancien membre du comité d’organisation du Mondial 2010 au Maroc.

"Ils sont passés dans la salle de réunion pour récupérer les votes et sont revenus ensuite pour dire au président de la FIFA, à savoir Sepp Blatter, qu’il y avait un gagnant: l’Afrique du Sud", raconte-t-il. Ce jour-là, trois présidents sud-africains étaient présents à Zurich, dont Nelson Mandela, arrivé quelques minutes après l’annonce du "vainqueur".

"Il y avait un volet politique qu’on ne maîtrisait pas", confie de son côté Saâd Kettani, ancien président du comité d’organisation de la Coupe du Monde 2010 au Maroc, interrogé par Le Matin. "Avec le recul, on se souvient que Blatter était ravi de faire gagner l’Afrique du Sud (il lui avait donné ses deux voix, ndlr), mais on ne peut refaire l’histoire. Ça ne sert à rien de revenir sur le passé", ajoute l’ancien responsable.

Pour M. Belkhayat, la meilleure chose à faire désormais, "c’est d’attendre". "Les notaires suisses vont très certainement devoir rouvrir leurs dossiers, car c’est leur réputation qui est en jeu. Le gouvernement marocain pourrait pour sa part demander justice pour tout ce qui a été engagé comme frais à l’époque", indique-t-il, espérant également que l’ancien président de la FIFA s’explique face aux Marocains.

Pour le consultant sportif Aziz Daouda, "cette affaire doit être prise très au sérieux. Une fois que la justice aura prouvé qu’il y a en effet eu des manigances, le Maroc pourra intenter un procès contre les personnes impliquées, et demander qu’il y ait réparation pour le préjudice subi", ajoute-t-il. "Car le dossier que le royaume avait monté pour organiser l’événement était coûteux", rappelle le consultant.

Selon M. Belkhayat, les enregistrements envoyés au Sunday Times par le Botswanais Ismail Bhamjee, un ancien membre du comité exécutif de la FIFA, sont néanmoins à prendre avec précaution. M. Bhamjee a lui-même été accusé de corruption et banni de l’instance sportive après avoir revendu trois fois plus cher des billets pour le Mondial 2006 en Allemagne.

Dans ses enregistrements datés de 2009, M. Bhamjee déclarait que le Maroc l’avait emporté de deux voix sur l’Afrique du Sud. "J’en ai parlé avec tout le monde. Nous sommes tous collègues, vous savez…", expliquait-il alors.

Pour rappel, le comité d’organisation au Maroc est également accusé par la justice américaine d’avoir versé un million de dollars à Jack Warner, ancien vice-président de la FIFA, pour acheter une voix pour la Coupe du monde 2010. L’Afrique du Sud, qui aurait pour sa part déboursé 10 millions de dollars pour acheter trois voix, avait alors gagné les faveurs de l’instance sportive. Des informations niées par les deux pays concernés.

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