MAGHREB
20/03/2015 10h:41 CET | Actualisé 20/03/2015 11h:24 CET

Attentat en Tunisie: "Incompréhensible", dans le quartier d'un des assaillants tués, c'est la stupéfaction

ASSOCIATED PRESS
Workers clean the entrance of the National Bardo Museum two days after gunmen attacked the museum and killed scores of people in Tunis, Tunisia, Friday, March 20, 2015. The Islamic State group issued a statement Thursday claiming responsibility for the deadly attack on Tunisia's national museum that killed scores of people, mostly tourists. (AP Photo/Christophe Ena)

L'atmosphère est tendue dans cette cité de Omrane supérieur, en banlieue de Tunis. Entourés d'un terrain vague où les ordures s'amoncellent, les quelques pâtés de maison abritent des familles de classe moyenne, "principalement des cadres", affirment certains habitants. C'est ici que vivait le jeune Yassine Labidi, un des deux assaillants tués par la police lors de l'attentat du Bardo, mercredi 18 mars.

De l'intérieur de la maison de plusieurs étages qui abrite la famille Labidi, des chants coraniques arrivent aux oreilles du quartier. La famille et les proches y tiennent la traditionnelle veillée funéraire. Quelques habitants du quartier lorgnent de loin, d'autres sont trop occupés à refuser des interviews à la poignée de journalistes qui sillonne les trois pâtés de maisons.

En plein deuil, la famille refuse de parler à la presse. Le cousin de l'assaillant insiste, demande de baisser les téléphones portables pour s'assurer que personne ne filme. Ce n'est pas une famille de martyr national: c'est la famille de quelqu'un qui a créé des martyrs, une famille loin d'imaginer les intentions de Yassine Labidi.

Mercredi, son frère suivait les informations en direct dans un café, horrifié par les évènements, témoigne un jeune homme. Comme tout le monde, il ne savait encore rien de l'identité des assaillants, a-t-il assuré.

Yacine Labidi allait souvent prier à la mosquée el Faleh, à quelques centaines de mètres de sa maison. Mais le jeune homme, coursier pour des maisons de traduction, ne correspond pas au profil stéréotypé du "terroriste". "Il était éduqué, il étudiait les langues et parlait bien français et anglais", raconte une voisine. "C'est incompréhensible".

L'attentat du Bardo a fait 21 victimes selon le dernier bilan, parmi lesquelles 20 touristes étrangers et un Tunisien. Deux assaillants ont été tués par les forces de sécurité. Les autorités tunisiennes ont annoncé que neuf suspects sont en garde à vue.

Selon le secrétaire d'Etat chargé des Affaires sécuritaires Rafik Chelly, les deux assaillants tués auraient été formés au maniement des armes à feu lors d'un séjour en Libye, en décembre 2014.

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