MAROC
13/12/2018 14h:34 CET

Attentat de Strasbourg: l'une des victimes avait fui les talibans

Kamal "est tombé avec son fils dans les bras, c'est inhumain", déplore sa famille.

Une femme allume une bougie en hommage aux victimes de la fusillade dans une rue du centre de Strasbourg, le 13 décembre 2018|Patrick HERTZOG

STRASBOURG - Fuir un pays en guerre pour être abattu dans un marché de Noël en France... Kamal est l’une des victimes de la fusillade de Strasbourg du 11 décembre. Touché par balle à la tête, il est actuellement en état de mort cérébrale. Sur RMC, sa famille, anéantie, témoigne et dénonce cet acte “inhumain”.

Kamal, âgé d’une quarantaine d’années, est soigné à l’hôpital de Hautepierre à Strasbourg, à l’instar des autres victimes du marché de Noël. Il est en état de mort cérébral après avoir reçu une balle dans le crâne alors qu’il se promenait avec sa femme et ses trois enfants.

RMC explique que Kamal avait prévu une soirée un peu spéciale mardi. Il avait prévenu ses collègues de travail qu’il partirait un peu plus tôt pour emmener sa famille au marché de Noël. Sur place, “un homme l’a interpellé par son épaule (sic) par derrière en lui disant ‘Hé monsieur’. Il s’est retourné, s’est pris la balle, et est tombé par terre alors qu’il avait son fils dans ses mains”, explique son cousin Sébastien. “C’est inhumain.”

“Surtout qu’il ne se dise pas ‘musulman’”

Une tragédie qui prend une nouvelle dimension lorsque l’on sait que ce père de famille est venu en France il y a 15 ans pour fuir l’Afghanistan et la menace des talibans. “Il a fui un pays en guerre pour éviter les balles et au final il tombe avec une balle alors qu’on recherchait la tranquillité, la paix en France. Des choses comme ça arrivent même ici”, déplore son cousin.

Et lorsque RMC évoque le tireur, la douleur fait place à la colère: “Je ne sais pas de quoi il se revendique. Surtout qu’il ne se dise pas ‘musulman’ ou qu’il pratique l’Islam parce que ce n’est pas ça. Ce n’est pas ça chez nous”.

Kamal fréquentait la mosquée Eyyup Sultan de Strasbourg. Il “louait depuis environ deux ans un local de la mosquée, dans lequel il avait ouvert son garage”, a indiqué au Parisien le président de la fédération régionale Milli Gorus, qui préside la mosquée Eyyûb Sultan de Strasbourg. “Il venait déjeuner à la mosquée tous les midis, et venait prier le vendredi”, ajoute-t-il, décrivant ce père de famille comme “une personne de qualité” et “très serviable”.

L’attentat contre le marché de Noël de Strasbourg a fait trois morts et treize blessés, dont cinq graves (dont Kamal), selon un bilan revu à la hausse après le décès d’un blessé, a annoncé ce jeudi 13 décembre la préfecture du Bas-Rhin.

Cet article a initialement été publié sur Le HufFPost France.