MAROC
01/06/2018 13h:35 CET | Actualisé 01/06/2018 13h:52 CET

Attentat de Liège: Une otage belgo-marocaine a empêché le tueur de commettre le pire

Darifa Imaankaf a eu un échange glaçant avec l'assaillant.

ERIC LALMAND via Getty Images

ATTENTAT - L’école secondaire Léonie de Waha à Liège, en Belgique, a connu, mardi 29 mai, un drame tragique. Benjamin Herman, un détenu belge converti à l’islam radical, a tué de sang-froid deux policières et un jeune étudiant et a blessé quatre autres agents des forces de l’ordre. Le bilan aurait pu être plus lourd si Darifa Imaankaf, une femme de ménage de l’école, n’était pas intervenue pour empêcher le pire de se produire. 

Cette belgo-marocaine de 47 ans s’est en effet retrouvée face à face avec le terroriste radicalisé. Ce dernier s’était introduit dans l’école, à la recherche d’un endroit où se retrancher, en hurlant “Allahou Akbar”, après avoir poignardé deux policières sur un boulevard près du lycée Léonie de Waha. D’après les déclarations de Darifa, reprises par Le Monde, elle se trouvait à l’entrée du lycée où elle vidait les poubelles, lorsqu’elle a entendu des cris et vu des gens courir. 

Les événements se seraient ensuite très vite enchaînés. Elle affirme avoir immédiatement fermé les portes, avant de les rouvrir pour permettre à ses collègues de se mettre à l’abri. Darifa part s’assurer que tout est normal dans la cour de récréation. En se retournant, elle fait face au terroriste et ses deux revolvers pointés en l’air. 

Selon la même source, le tueur la fixe et lui pose alors deux questions: “Tu es musulmane ? Tu fais le ramadan?”. Elle répond affirmativement. Le jeune homme lui assure qu’elle sera alors épargnée à condition qu’elle obéisse à ses ordres. Elle agite les bras pour alerter les professeurs dans la cour, le terroriste tire alors dans cette direction et brise une vitre d’une balle. Darifa Imaankaf lui demande de ne pas tuer les élèves, ce à quoi lui répond Herman, calmement, les mains pleines de sang: “Ne pleure pas pour ces enfants, pleure pour ceux de Palestine”. 

Un acte héroïque

Sur le coup, Darifa comprend qu’Herman cherche à faire d’autres victimes. Prise en otage, elle tente ainsi de retarder ses actes et engage une discussion avec lui, qui durera près de trente minutes, pour permettre pendant ce temps-là l’évacuation des enfants. L’employée lui suggère de se rendre et lui pose à son tour des questions sur sa présence dans l’école et d’où il vient. Le jeune homme, prisonnier, bénéficie d’une permission de sortie dont il souhaite profiter pour commettre l’irréparable. “Si quelque chose doit se passer, c’est aujourd’hui”, annonce-t-il à Darifa, toujours d’après Le Monde. Au courant de la présence des forces de l’ordre dans l’établissement, il dit vouloir “les faire mijoter”, “les laisser bouillir”. Il se fera abattre quelques minutes plus tard après avoir jeté sa carte d’identité au sol et tiré sur des agents, dont il en blessera quatre, en criant à nouveau “Allahou Akbar”. 

Darifa Imaankaf se considère comme une “miraculée”. Elle a été transportée à l’hôpital, en état de choc, mais se dit aujourd’hui en bonne forme physique et mentale. Elle a reçu la visite du premier ministre, Charles Michel, et du ministre de l’intérieur, Jan Jambon, qui lui a rendu hommage ce jeudi 31 mai au parlement belge. 

L’attaque a été revendiquée mercredi soir par l’Etat islamique, via son site de propagande Aamaq. Pour l’heure, la police belge s’interroge sur le passé du terroriste, un délinquant multirécidiviste qui s’était radicalisé il y a un an en prison.