TUNISIE
16/08/2018 14h:24 CET

Attayar défend l'égalité dans l'héritage et appelle à la tenue d'un référendum

Le parti se dit favorable au principe de l’égalité successorale entre l’homme et la femme.

Longtemps tabou, le sujet délicat de l’égalité entre femmes et hommes en matière d’héritage refait surface en Tunisie. Recommandé par la Commission des libertés Individuelles et de l’égalité (Colibe), le patrimoine familial serait partagé par défaut de façon égale entre les héritiers hommes et femmes.

Une proposition qui n’a pas été du goût de tout le monde, puisque, selon certains, cela déroge aux principes du Coran.

Attayar (le Courant démocrate) a choisi de livrer clairement sa position et exposer explicitement son point de vue à propos de cette question épineuse. 

Dans un communiqué de presse rendu public, le mercredi 15 août, le parti a noté qu’il est favorable au principe de l’égalité successorale entre l’homme et la femme.  

Il énonce, d’ailleurs, qu’il est pour l’instauration de deux systèmes où l’égalité successorale constitue la base, tout en laissant le choix de se référer à la religion.

C’est, en fait, la même proposition évoquée il y’a plus d’un an par le parti.

 

Fidèle à ses principes, Attayar souligne la nécessité “de défendre le caractère civil et démocratique de l’État et poursuivre le combat afin d’atteindre les objectifs de la révolution”. Il appelle, ainsi, à instaurer efficacement les libertés individuelles et l’égalité complète et effective, et ce en favorisant l’égalité des chances et en limitant la marginalisation, la pauvreté et le chômage.   

Selon le parti, le discours du 13 août du président de la République s’avère insuffisant par rapport aux propositions formulées par la Colibe, estimant qu’il a échoué encore une fois à se conformer aux principes de la Constitution.

“Bien que le parti se félicite des acquis réalisés en faveur de la femme tunisienne, il insiste sur la nécessité de militer davantage afin de consolider le système des droits et des libertés, politiques, civiles, économiques, et sociales pour tous les Tunisiens et les Tunisiennes” précise le communiqué. 

Ainsi, Attayar a jugé judicieux recourir à un référendum en cas de besoin, afin de pouvoir trancher sur ce sujet délicat et éviter la discorde et la division du peuple tunisien. 

Le parti souligne, d’autre part, la nécessité de mettre en place une Cour constitutionnelle, capable d’assurer la suprématie de la Constitution et la protection des droits et des libertés, et ce loin de tout tiraillement politique. 

Même si le parti semble être en concordance avec son attitude dévoilée en 2017 à propos de la question de l’héritage, le communiqué a suscité une vague de critiques auprès des sympathisants et adhérents du parti. Tarek Mediouni, membre de parti, a préféré démissionner en estimant que le parti est en train de dévier de ses principes en étant en divergence avec l’identité tunisienne et la religion musulmane.

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