TUNISIE
23/03/2018 15h:29 CET

L'ONG Aswat nissa met en avant le rôle des femmes dans la consolidation de la Paix et de la sécurité

Il est primordial que les femmes ne soient pas simplement spectatrices, mais bien des actrices à part entière.

Aswat Nissa
La conférence internationale "Femmes, Paix et sécurité" organisée par Aswat Nissa

L’organisation non-gouvernementale Aswat Nissa a organisé, vendredi 16 mars 2018, une conférence internationale sous le nom de “Femmes, Paix et sécurité”, et dont l’objectif est d’encourager un dialogue sur le rôle des femmes dans la prévention des conflits, la consolidation de la paix, et dans la bonne gouvernance du secteur de la sécurité.

Ce fut également l’occasion de débattre de l’importance de l’adoption d’un plan d’action national pour la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations-Unies, l’un des premiers documents officiels qui reconnait le rôle des femmes en tant qu’agents de changement pour l’établissement et le maintien de la paix.

Ainsi, la conférence a été organisée en trois thèmes, à savoir la mise en œuvre de la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations-Unies, la justice transitionnelle et la réforme du secteur de la sécurité, et le rôle des femmes dans la prévention de l’extrémisme violent et dans la réintégration.

La conférence a réuni plusieurs activistes, experts et acteurs politiques.

Aswat Nissa
De gauche à droite, Panelistes Rebecca Turkington, Mervat Rishmawi, Ambassadrice Brigitta Holst Allani et modétraice Ikram Ben Said

Le premier panel sur la mise en œuvre de la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations-Unies, s’est focalisé sur une étude des expériences comparées dans la Région MENA (la Jordanie, la Palestine et l’Irak), mais aussi en Suède et ailleurs, et a principalement tourné autour de la mise en œuvre de ladite résolution et l’élaboration de plans d’actions nationaux.

Lors de la première journée, l’accent a été mis sur la nécessité de soutenir les femmes dans leur participation à la mise en œuvre de la résolution, et l’importance d’une meilleure implication des femmes dans différentes structures tels que la gestion de la sécurité et la résolution des conflits.

Aswat Nissa
De gauche à droite, panelistes : Daniel De Torre, Ibtihel Abdellatif, Salwa El Gantri et modérateur Zied Boussen

Le second panel a, quant à lui, abordé les thèmes de la justice transitionnelle et la réforme du secteur de la sécurité qui sont des point transversaux de la Résolution 1325.

En effet, la cheffe du bureau de l’ICTJ Tunisie, et experte en genre et justice transitionnelle, Salwa el Gantri, et la Présidente de la commission femmes à l’Instance Vérité et Dignité, Ibtihel Abdellatif, ont souligné l’importance des témoignages des femmes victimes de violences politiques dans le processus de justice transitionnelle, mais ont également rappelé que de nombreuses femmes éprouvent des difficultés à témoigner, par peur des vindictes.

Intervenant également dans ce panel, le Chef de la Division Genre et sécurité, au DCAF Genève, Daniel De Torres, a de son côté mis en exergue l’importance de la reforme du secteur de la sécurité d’un point de vue genre, qui est un élément essentiel de la justice transitionnelle.

En effet, il a tout d’abord été souligné que la politique d’amélioration de la sécurité concerne autant les femmes que les hommes mais aussi que les besoins en sécurité des femmes ont des sexo-spécificités qui sont méconnues, voire inconnues.

Les femmes sont systématiquement représentées comme des victimes, plutôt que des acteurs dans les processus de réforme de sécurité, comme par exemple la mise en œuvre de la résolution 1325. 

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De gauche à droite, panelistes : Rebecca Turkington, Jihed Haj Salem et modératrice Nessryn Jelalia

Le troisième panel s’est par ailleurs concentré sur le rôle des femmes dans la prévention de l’extrémisme violent et dans la réintégration, avec notamment le chercheur tunisien Jihed Haj Salem co-auteur du livre  “Jeunes et djihadisme. Les conversions interdites”.

D’après lui, il semble qu’il y’ait un certain lien entre la radicalisation des jeunes tunisiens et leur sentiment d’abandon de la part de l’État, ce qui se traduit par un sentiment d’être méprisé (notion de “hogra”). En effet, n’ayant plus d’alternatives concrètes, les jeunes désabusés vont se tourner vers le divin pour trouver leur place dans la société.

L’absence de confiance en l’avenir et les faibles perspectives d’avenir apparaissent, selon Haj Salem, comme les véritables causes de la radicalisation des jeunes en Tunisie.  

La deuxième intervenante, Rebecca Turkington, a, quant à elle, rappelé que les femmes occupent souvent un rôle important au sein des groupes terroristes comme par exemple en Algérie ou en Colombie. Mais au-delà de la radicalisation, la présence des femmes est extrêmement importante dans la prévention de l’extrémisme violent car elles semblent être en mesure d’anticiper les actions violentes et d’identifier les terroristes.

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À l’issue de la conférence, plusieurs recommandations ont été faites, notamment une meilleure implication des femmes dans la mise en œuvre des stratégies de sécurité. Selon les panélistes, il est primordial que les femmes ne soient pas simplement spectatrices, mais bien des actrices à part entière, tout comme il est important d’identifier leurs besoins spécifiques en matière de sécurité.

Ils estiment également que les médias ont un rôle prépondérant dans cette thématique, affirmant que la gent féminine est décrite comme étant une victime au lieu d’être perçue comme une militante.

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