TUNISIE
12/03/2019 19h:47 CET

Assassinats de Belaid et Brahmi: Béji Caid Essebsi ne "protégera" pas Ennahdha si son implication est avérée

“La vrai révolution est celle de la vérité! Et nous voulons la vérité, ni plus, ni moins” a affirmé Béji Caid Essebsi.

Le président de la République Béji Caid Essebsi a reçu, mardi, une délégation représentant les députés qui ont récemment déposé plainte contre l’appareil se secret d’Ennahdha, assurant qu’il ne protégerai pas Ennahdha s’il s’avère qu’elle est impliquée.

“Jusqu’à quand allons-nous continuer de nous accuser? L’important est que l’on arrive à une solution” a débuté Béji Caid Essebsi avant de poursuivre: “Je ne veux pas accuser Ennahdha, juste parce que c’est Ennahdha (...) Ce qui m’importe, ce n’est pas la question de savoir s’il existe un appareil secret ou pas, mais s’ils ont joué un rôle dans les assassinats ou pas. S’ils ont un quelconque lien, je ne les protégerai pas” a-t-il affirmé considérant ces assassinats comme “une honte pour tous les tunisiens”.

“C’est une honte...jusqu’à quand cela va durer? (...) Sachez que je ne fais pas de calculs!” a-t-il poursuivi appelant à ce que la “vérité soit dévoilée”: “La vrai révolution est celle de la vérité! Et nous voulons la vérité, ni plus, ni moins” a-t-il martelé.

Mercredi, 43 députés ont porté plainte auprès du tribunal de première instance de Tunis au sujet du présumé appareil sécuritaire secret du mouvement Ennahdha.

À travers cette initiative, ils revendiquent la vérité autour de l’appareil secret d’Ennahdha et demandent à ce qu’une enquête sérieuse sur ce dossier épineux, provoqué depuis quelques mois par le comité de défense de Belaid et Brahmi, soit ouvert par la justice.

Le comité de défense avait levé le voile, lors d’une conférence de presse donnée le 2 octobre 2018, sur les circonstances de l’assassinat des deux militants de gauche en pointant du doigt le parti Ennahdha. Il avait mis en exergue l’implication de Mustapha Khedher, un militant d’Ennahdha, chez qui plusieurs documents relatifs à ces affaires auraient été retrouvés.

Plusieurs enregistrements audio non datés -mais vraisemblablement enregistrés sous le gouvernement de la Troïka-, qui auraient été retrouvés en sa possession, ont fuité sur les réseaux sociaux.

Le comité de défense a également affirmé qu’un appareil sécuritaire propre à Ennahdha a été mis en place par celle-ci, chargé d’espionner plusieurs personnalités politiques tunisiennes mais également des ambassades étrangères.

Le 2 mars dernier, le collectif de défense a encore enfoncé le clou contre Ennahdha.

De nouvelles accusations ont été prononcées à l’encontre du parti dont notamment le vol de documents du ministère de l’Intérieur, le vol d’une machine de destruction de documents, une autre affaire de meurtre à Menzel Bouzalfa en relation avec l’appareil secret d’Ennahdha, ainsi que la formation d’une bande criminelle qui vise des personnes, des biens et la sécurité intérieure du pays.

Le comité a, également, fait savoir que l’assassin de Belaid aurait reçu 300 mille dinars comme récompense pour son crime. 

De son côté, le mouvement Ennahdha dément en bloc les accusations qui pèsent sur lui. Il affirme que Mustapha Khedher n’a aucun lien avec le mouvement Ennahdha et dénonce “des accusations gratuites à l’encontre des institutions de l’État”.

“Ennahdha n’a aucun rapport avec le terrorisme”, a souligné Abdelkrim Harouni, président du conseil de la Choura, accusant “les anarchistes du Front populaire de vouloir enfreindre la loi et se faire passer pour les détenteurs de la vérité”.

 

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