ALGÉRIE
26/03/2019 18h:20 CET | Actualisé 26/03/2019 20h:46 CET

Article 102: Les réactions de l'opposition

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Des partis et des figures de l’opposition ont réagi mardi 26 mars à l’appel du chef d’état-major Ahmed Gaid Salah à l’application de l’article 102 de la constitution, vue comme une annonce de la constatation imminente de l’incapacité du Abdelaziz Bouteflika.

L’article 102 stipule qu’en cas d’empêchement ou de démission du président de la République, le président du Conseil de la Nation assure l’intérim du chef de l’Etat jusqu’à l’organisation d’une élection présidentielle.

L’appel du chef d’état-major de l’armée intervient au moment où la contestation populaire contre un 5e mandat ou la prolongation du 4e mandat de Abdelaziz Botueflika a entamé sa 5e semaine.

Abdellah Djaballah, président du Front de la justice et du développement (FJD), a refusé l’appel de Gaid Salah, indiquant que l’application de l’article 102 est en contradiction avec les revendications de la rue. 

“L’application de l’article 102 requiert le transfert des responsabilités à Abdelkader Bensalah (président du sénat), ce que nous refusons”, a indiqué M. Djaballah. 

Le parti El Mostakbal a par contre salué l’appel de Gaid Salah, affirmant partager “la même vision” de sortie de crise. 

Le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) a de son côté dénoncé une “tentative de coup d’Etat” à travers l’application de l’article 102.

Le Mouvement pour la Société de la Paix (MSP) a trouvé pour sa part que “se contenter de l’application de l’article 102 ne permet pas de réaliser des réformes” et ne permet pas de réaliser une transition démocratique. 

Sofiane Djilali, président du parti Jil Jadid, a considéré que l’application de l’article 102 signifie la désignation de Abdelkader Bensalah comme chef d’Etat par intérim en gardant le même gouvernement et les mêmes institutions. Ce qui signifie qu’une future présidentielle sera organisée par le même système.

“Ni l’opposition ni le peuple n’accepteront cette opération. Tout le système doit partir”, a-t-il ajouté.

Enfin, le FFS a qualifié l’appel de Gaid Salah de “grave atteinte à la dignité du citoyen”. 

“Encore une fois le pouvoir Algérien par le biais du chef d’état-major de l’armé
provoque et se joue de la volonté populaire”, a indiqué le parti dans un communiqué. 

L’appel de Gaid Salah fait suite au mouvement populaire sans précédent contre le président Bouteflika et le pouvoir. Les manifestations gigantesques qui demandent le départ du chef de l’Etat depuis le 22 février ont d’abord obligé la présidence a reporté la présidentielle prévue pour avril 2019, prolongeant par la même occasion le 4e mandat.

La rue a continué à rejeter ces propositions de la Présidence, exigeant le départ immédiat de Abdelaziz Bouteflika et la changement du système.