MAGHREB
24/12/2015 12h:05 CET | Actualisé 24/12/2015 12h:49 CET

L'armée resserre prudemment l'étau sur Ramadi pour en déloger les derniers jihadistes du groupe Etat islamique (EI)

ASSOCIATED PRESS
Iraqi security forces, supported by U.S.-led coalition airstrikes, advance their position through damaged buildings towards the central Ramadi, 70 miles (115 kilometers) west of Baghdad, Iraq, Thursday, Dec. 24, 2015. The advance of government forces in the Islamic State-held city of Ramadi is being hampered by suicide bombers, snipers and booby traps, Gen. Ismail al-Mahlawi, the head of Iraqi military operations in Anbar said. (AP Photo)

Les forces irakiennes, ralenties par la présence d'engins piégés et de civils, avançaient lentement jeudi dans le centre de Ramadi pour en déloger les derniers jihadistes du groupe Etat islamique (EI), qui semble sur le point de subir un nouveau revers militaire.

Les combats faisaient rage autour de l'ancien siège du gouvernement provincial au centre de Ramadi, située à une centaine de kilomètres à l'ouest de Bagdad et chef-lieu de la vaste province majoritairement sunnite d'Al-Anbar.

La prise par les forces fédérales de ce bâtiment serait une étape importante de la reconquête progressive de Ramadi, dont les jihadistes s'étaient emparés en mai.

La reconquête de Ramadi redorerait par ailleurs le blason de l'armée irakienne, qui avait été fortement critiquée pour son humiliante déroute face à l'EI en 2014.

"Les forces irakiennes sont dans le quartier de Hoz (...) à environ 500 mètres du complexe gouvernemental", a indiqué à l'AFP un colonel de l'armée dans la province d'Al-Anbar.

"Elles avancent très prudemment" dans ce quartier, a ajouté Sabah Karhout, qui dirige le conseil provincial. Selon lui, les nombreux engins piégés placés dans la ville par les jihadistes et la possible présence de civils utilisés comme boucliers humains constituent les principaux obstacles à la progression.

"Il y a aussi une forte résistance, les combats ont été violents au cours des dernières 24 heures dans la partie sud de Ramadi", a déclaré le colonel Steve Warren, porte-parole de la coalition internationale menée par Washington qui fournit un appui aérien aux forces irakiennes.

"Ils ont mis en place une défense robuste en utilisant des engins explosifs improvisés et en piégeant des maisons entières pour qu'elles explosent", a-t-il ajouté, précisant que l'EI avait positionné une centaines de combattants le long de la principale route menant au complexe gouvernemental.

"En raison de la nature du terrain, (...) il est facile pour un petit nombre de personnes de contenir un plus grand groupe", a-t-il expliqué.

"Plus de nourriture"

Au moins un combattant des forces gouvernementales a été tué et sept autres blessés dans les combats à Hoz au cours des dernières heures, selon le colonel de l'armée irakienne.

D'après une source médicale de l'hôpital d'Abou Ghraib, à l'ouest de Bagdad, 22 soldats blessés ont été pris en charge jeudi matin.

Dans un communiqué, l'EI a affirmé que cinq de ses kamikazes avaient mené tôt jeudi une attaque suicide à l'ouest de Ramadi, faisant beaucoup de victimes dans les rangs des forces irakiennes. L'armée a contesté cette version, affirmant que l'attaque avait échoué et que seuls trois policiers avaient été blessés.

Le nombre de combattants de l'EI restant à Ramadi est estimé à "moins d'un bataillon", soit pas plus de 400, d'après un responsable à Ramadi, Ibrahim al-Osej.

Plusieurs dizaines de familles sont parvenues à s'échapper de la ville mercredi avant d'être acheminées par l'armée dans un camp de Habbaniyah, à l'est de Ramadi.

Parmi elles, Saad al-Doulaimi, 47 ans, a indiqué que les jihadistes les avaient utilisés comme boucliers humains pour échapper aux combats avant de les abandonner. Les forces de sécurité irakiennes les ont protégés et évacués, a-t-il précisé.

"La situation dans la ville était très difficile car il n'y a plus de nourriture dans les magasins", a-t-il déclaré à l'AFP depuis Habbaniyah, où lui et sa famille sont pris en charge par l'armée.

"Nous subsistions avec quelques dattes et le peu de nourriture qu'il restait dans nos maisons", a-t-il raconté, ajoutant qu'il restait selon lui des dizaines de familles prises au piège dans la ville, incapables de fuir à cause des frappes aériennes et des combats.

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