MAROC
25/07/2018 17h:52 CET

Désormais autorisées à conduire des voitures, les Saoudiennes pourront aussi bientôt piloter des avions

Les cours devraient commencer en septembre prochain.

Hamad I Mohammed / Reuters

PROGRÈS - C’est une liberté de plus pour les femmes du royaume musulman ultra-conservateur. Après avoir obtenu le droit de conduire en juin dernier, dans le cadre du programme de modernisation porté par le prince héritier Mohammed ben Salmane, les Saoudiennes vont prochainement pouvoir prendre des cours de pilotage dans une école d’aviation spécialisée, rapporte l’agence Reuters.

Déjà une centaine de candidatures 

Oxford Aviation Academy, un important formateur et recruteur d’équipes, a d’ores et déjà reçu la candidature de centaines de femmes qui souhaitent apprendre à piloter. La branche de l’école proposant des cours de vol aux femmes s’ouvrira dans la ville de Dammam, dans l’est du pays. “Nous ne vivons plus à l’époque où les femmes étaient autorisées à travailler dans des domaines limitées”, a déclaré Dalal Yashar, aspirante pilote civile, interrogée par Reuters. “Toutes les voies sont à présent ouvertes aux femmes. Si vous en avez envie, vous en avez la capacité”.

Trois années de formation

La nouvelle académie fait partie d’un projet de 300 millions de dollars qui comprend une école de maintenance des aéronefs et un centre international de simulateurs de vol à l’aéroport. Pour pouvoir piloter, les étudiant(e)s devront suivre trois années de formation académique et pratique. Les cours devraient commencer en septembre prochain. “Les gens avaient l’habitude de voyager à l’étranger (pour étudier l’aviation, Ndlr), ce qui était plus difficile pour les femmes que pour les hommes”, explique Dalal Yashar.

Depuis la mise en place du programme de modernisation porté par le prince héritier, Mohammed ben Salmane, qui vise à transformer l’économie et la société du pays, de plus en plus de droits sont accordés aux femmes, notamment l’autorisation de conduire des voitures délivrée le mois dernier par les autorités. Cette décision a été saluée par les alliés occidentaux comme preuve d’une nouvelle tendance progressiste dans le pays du Golfe. Malgré cela, de lourdes discriminations persistent et les autorités ont arrêté plus d’une dizaine de militants des droits des femmes, les accusant de trahison et de saper la stabilité du royaume, soulignait récemment l’AFP.