TUNISIE
30/01/2019 19h:52 CET | Actualisé 31/01/2019 13h:33 CET

Après Ÿuma, Sabrine Jenhani revient avec ZÃY, une ode mélodique au dialecte tunisien

Un nouveau départ pour la jeune artiste.

Après l’aventure Ÿuma, Sabrine Jenhani, auteur-compositeur et
interprète, a pris un nouveau chemin, solitaire cette fois-ci. La nouvelle expérience a accouché de l’album “ZÃY” avec un nouveau single “Dawitni”. Faisant référence à la dernière lettre de l’alphabet arabe, “ZÃY” marque le début d’un nouvel élan artistique qui se veut plus mature et personnel. 

Le ton est donné avec “Dawitni”. Il est à la fois, poétique, mélancolique et lénitif, bercé dans un cadre mystérieux et enchanteur, celui du Nord-Ouest de la Tunisie-le clip a été tourné à Ain Drahem et Bni Mtir en collaboration avec Rabii Ben Brahim, alias The Dreamer. 

L’image allégorique se conjugue aux paroles dialectales pour enfanter une atmosphère intimiste.

Sabrine Jenhani parle de cette nouvelle aventure au HuffPost Tunisie (Interview).

Chermiti Mohamed

 

HuffPost Tunisie: Comment décrivez-vous le style musical de ce nouveau projet? 

Sabrine Jenhani: Le style n’est pas acoustique. Il est l’enchevêtrement de plusieurs influences folk/indé/world/alternatif avec une empreinte ethnique. J’ai essayé de verbaliser des expériences personnelles en faisant appel au dialecte tunisien. 

Le choix du dialecte tunisien n’est d’ailleurs pas facile. Le travail de collectage est difficile car on n’a pas de répertoire en la matière. 

Pourquoi cette focalisation sur le dialecte tunisien? 

Notre dialecte est beau, on y puise de la poésie, des métaphores, etc. Pour moi, c’est une forme d’engagement pour raviver ce langage et le répertorier. D’ailleurs, mon souhait est de voir un jour un dictionnaire en dialecte et des cours dispensés dans cette langue. 

Votre nouveau projet est-il une rupture avec l’expérience Ÿuma? 

Je n’aime pas parler de rupture. D’ailleurs l’expérience Ÿuma pourrait reprendre tout comme elle pourrait être une expérience déjà achevée. 

Moi et Ramy Zoghlemi, nous avons exprimé un besoin réel de faire chacun sa propre expérience, une expérience qui nous ressemble à 1000%. Après 4 ans de collaboration, on avait envie de renouvellement.

Chermiti Mohamed

Est-ce difficile de mener une expérience solitaire? 

J’ai choisi de m’auto-produire. Ce choix est difficile mais je l’assume et je compte le mener à bien jusqu’au bout. Je voulais retrouver ma liberté. 

En quoi le choix d’une boite de production est contraignant? 

Quand tu choisis un label de production, il y a un prix à payer: tu n’es pas libre de choisir où et quand tu peux jouer, tu n’as pas la possibilité de prendre ton temps. Ce n’est plus de la création artistique mais du travail machinal. 

J’espère que mon expérience totalement indépendante donnera de l’espoir aux jeunes artistes pour leur communiquer que c’est possible de produire sa musique sans attendre un label de production musicale. 

“Dawitni” est écrit et composé par Sabrine Jenhani, arrangé par
Cleef Mbadinga, Souhayl Guesmi alias Ratchopper, Mehdi Jalal, s’ajoute à cela une création d’un univers graphique en collaboration avec BLITS. Amen Llah Ouakajja. 

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