TUNISIE
13/06/2018 18h:52 CET

Après un quart de siècle de conflit, ce pays d'Europe en passe de changer de nom

C'est (peut-être) la fin d'un conflit qui aura duré plus de 25 ans.

ROBERT ATANASOVSKI via Getty Images

INTERNATIONAL - C’est (peut-être) la fin d’un conflit qui aura duré plus de 25 ans. Athènes et Skopje (la capitale de la Macédoine) ont trouvé ce mardi 12 juin un “accord” pour régler leur vieille querelle sur le nom de la Macédoine, a annoncé le Premier ministre grec, Alexis Tsipras.

“Nous avons un accord, un bon accord qui couvre toutes les conditions posées par la Grèce”, a affirmé Alexis Tsipras. Le petit Etat voisin portera “un nom composé” avec une référence géographique et qui s’appliquera “Erga Omnes”, c’est-à-dire à tous les usages, a-t-il affirmé.

Dans la foulée de cette annonce, le premier ministre macédonien a indiqué que le pays devrait désormais s’appeler “République de Macédoine du nord”, à condition que le référendum annoncé pour l’automne ratifie ce nouveau nom.

“Cela signifie, a poursuivi Alexis Tsipras, qu’ils prennent l’engagement de réviser leur Constitution”. En échange de la possibilité pour son voisin de conserver le mot de Macédoine dans son nouveau nom, assorti d’une précision géographique, Athènes a en effet exigé que Skopje révise sa Constitution pour garantir que ce nom soit utilisé tant à l’international qu’au plan intérieur.

 

L’adhésion à l’UE et à l’OTAN comme enjeux

La Grèce et la Macédoine se disputent depuis la création de l’Etat macédonien en 1991 sur le nom officiel de ce dernier: Athènes refuse de le reconnaître sous le nom “Macédoine” estimant que cette appellation appartient à son patrimoine historique et culturel et désigne une province dans le nord de la Grèce, frontalière avec le pays voisin et portant le même nom, comme le montre la carte en fin d’article. Avec cet accord, Athènes espère donc mettre fin à toute revendication de la part de l’Etat voisin de l’héritage du conquérant macédonien Alexandre le Grand, dont la Grèce se prévaut de l’exclusivité. Il doit surtout consacrer l’absence de toute visée territoriale de sa part sur la province grecque frontalière de Macédoine.

Les discussions, dans l’impasse depuis des années, ont repris avec une vigueur nouvelle depuis l’arrivée au pouvoir du social-démocrate Zoran Zaev, qui a succédé au nationaliste Nikola Gruevski.

Pour la Macédoine, petit pays de 25.700 kilomètres carrés et 2 millions d’habitants, l’enjeu est de taille. Faute de trouver un accord, la Grèce bloque en effet depuis des années l’adhésion du pays à l’UE et à l’Otan, affirmant qu’elle ne lèverait son veto que lorsqu’une solution serait trouvée. Les autorités de Macédoine espèrent désormais décrocher un feu vert au sommet européen de fin juin pour entamer des négociations d’adhésion avec l’UE et d’obtenir une invitation à rallier l’Otan au sommet de l’Alliance des 11 et 12 juillet.

Depuis 1993, l’appellation “Macédoine” est admise à l’ONU et 140 pays dont les Etats-Unis et la Russie l’ont depuis reconnue sous ce nom. Dans les sphères diplomatiques françaises, allemandes, japonaises et bien sûr grecque en revanche, la Macédoine était jusqu’à présent désignée comme l’Ancienne République Yougoslave de Macédoine (ARYM).

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