MAROC
16/11/2018 10h:16 CET

Après quatre demandes rejetées, Tariq Ramadan obtient sa liberté conditionnelle

"J’irais fuir où? (...) Je vais rester en France et défendre mon honneur et mon innocence”

Philippe Wojazer / Reuters

INTERNATIONAL - Après quatre demandes de remise en liberté rejetées, Tariq Ramadan obtient une réponse favorable de la Cour d’appel de Paris, qui a ordonné sa mise en liberté conditionnelle, ce jeudi 15 novembre. Une décision assortie du versement par l’islamologue d’une caution de 300.000 euros.

Inculpé pour viol puis placé en détention provisoire depuis février dernier, l’universitaire suisse devra également remettre son passeport, résider à l’adresse qu’il a déclarée et se présenter une fois par semaine au commissariat, précise l’AFP, selon des sources judiciaires, ajoutant également l’interdiction de quitter le territoire français et d’entrer en contact avec ses victimes présumées et les témoins.

Hier, Tariq Ramadan a de nouveau clamé son innocence devant la chambre de l’instruction qui examinait sa cinquième demande de mise en liberté. “J’irais fuir où? Alors que tout va vers mon innocence (...) Je vais rester en France et défendre mon honneur et mon innocence”,  étaient les mots prononcés par Ramadan, depuis le box, rapporte Le Nouvel Observateur. 

“Je voudrais que vous décidiez en votre âme, en conscience, non pas parce que je m’appelle Tariq Ramadan et qu’on m’a diabolisé dans ce pays”, a-t-il lancé aux juges. “Je viens de passer dix mois en prison, je suis innocent, je le paye de ma santé, je ne peux plus marcher normalement”, a ajouté l’islamologue. 

Atteint d’une sclérose en plaques, l’intellectuel de 56 ans avait vu ses précédentes demandes de mise en liberté rejetées après qu’une expertise médicale ait conclu que son état de santé n’était pas incompatible avec la détention provisoire.

L’une des accusatrices, Henda Ayari, a réagi sur son compte Twitter quelque heures après que la décision ne soit rendue publique, se disant “sereine et confiante”.

La chambre de l’instruction a rendu cette décision, non susceptible d’appel, après une rare audience publique ce jeudi après-midi, précise France 24, soulignant que le huis clos est quasi systématique à Paris en matière de détention.

Selon les médias français, le défenseur compte déposer le chèque de caution certifié dès ce vendredi 16 novembre afin d’obtenir sa sortie de prison le plus rapidement possible. Tariq Ramadan devrait ensuite être domicilié en Ile-de-France.

Selon les propos de son avocat, rapportés par Le Figaro citant Me Marsigny ,“la remise en liberté de Tariq Ramadan est logique au regard des derniers développements du dossier qui démontrent que les accusations de viols s’effondrent”