MAROC
20/02/2019 17h:58 CET

Après l'humour, Gad Elmaleh sort la carte juridique face aux accusations de plagiat

Les avocats de l'humoriste ont lancé une procédure judiciaire pour faire supprimer les vidéos.

Gonzalo Fuentes / Reuters

PLAGIAT - Après avoir répliqué par l’humour aux accusations de plagiat de  CopyComic en ressortant son costume de “Chouchou” du placard, Gad Elmaleh ne rigole plus... L’humoriste franco-marocain tâte le terrain juridique et a fait supprimer les vidéos de Twitter.

Si la riposte déguisé en “Chouchou” a fait rire un grand nombre d’internautes, Gad passe à la censure et aurait lancé, avec l’aide de ses avocats, des actions contre le compte CopyComic. Derrière cet alias se cache un certain “Ben” qui dénonce dans ses vidéos les plagiats entre humoristes et Gad Elmaleh figure en pole position parmi ses cibles.

Dans deux récentes vidéos postées sur Youtube, le mystérieux justicier de l’humour mettait en avant les similitudes entre certaines vannes et répliques de Gad avec celles de confrères américains, français ou canadiens. Tout en expliquant également le principe de ce qu’il a appelé “les Gaderies”: une technique de l’humoriste franco-marocain qui consiste à s’inspirer des idées et des observations d’autres humoristes, en modifier quelques détails et les réutiliser à sa sauce dans ses spectacles.

Des accusations qui n’auraient pas plu à l’humoriste qui a dans l’immédiat contacté un cabinet d’avocats. “Gad Elmaleh, suite à mes vidéos CopyComic le concernant, et par l’intermédiaire d’un cabinet d’avocats, vient de lancer des actions à l’encontre du compte CopyComic” a communiqué “Ben” au Parisien. Ce dernier dénonce sur les réseaux sociaux une tentative de censure: 

Selon le Parisien, les avocats du cabinet Wan Avocats auraient fait “jouer la subtilité juridique des droits voisins aux droits d’auteur” pour faire supprimer par Twitter les vidéos en question.

Les droits voisins se définissent ainsi pour les artistes interprètes: “Ceux-ci jouissent à présent d’un droit exclusif qui leur donne la possibilité d’autoriser ou d’interdire l’utilisation et l’exploitation de leur prestation et de prétendre à une rémunération en contrepartie de leur autorisation”, rappelle le quotidien français. En supprimant les contenus publiés par CopyComic, Twitter n’aurait fait qu’appliquer la loi. “Gad Elmaleh utilise ses droits d’auteur (et ses droits voisins) pour censurer les vidéos qui présentent ses éventuels plagiats! Étonnant non? Gad Elmaleh tient donc beaucoup au respect de son droit d’auteur, moins à celui des autres” ironise “Ben” auprès du Parisien, pour qui cette attaque par le biais juridique est une première. 

Les avocats auraient également demandé à CopyComic de révéler sa véritable identité, dans le cadre de la procédure. “Cette demande est assez surprenante, tant mon identité n’est en rien liée à l’infraction précédente et qu’il est improbable qu’on me condamne pour infraction aux droits d’auteurs ici. En quoi connaître mon identité lui serait utile? A part pour une volonté toute personnelle…” a déclaré à la même source le YouTubuer. 

Si elles sont pour l’heure supprimées de Twitter, les vidéos de CopyComic sur Youtube, qui comptent des millions de vues, n’ont pas (encore) été visées par l’attaque judiciaire.