MAROC
27/11/2018 17h:43 CET

Après l'Everest, Bouchra Baibanou s'attaque au dernier plus haut sommet du monde

Si elle réussit, elle deviendra la première Marocaine et nord-africaine à réaliser le challenge des "sept sommets".

Bouchra Baibanou lors de son ascension du mont Everest.

ALPINISME - Les sept sommets sont un fantasme d’alpiniste depuis que l’Américain Richard Bass a popularisé l’idée au début des années 80. Maintes fois glamourisé dans des films tels que le blockbuster américain “Everest”, le défi athlétique intrigue mais attire peu de téméraires du fait de la dangerosité de l’entreprise. Cette année, c’est une Marocaine, Bouchra Baibanou, qui attaque la dernière ligne droite de son périple. L’alpiniste amateur mais chevronnée va gravir, à partir du 2 décembre, le Mont Vinson en Antarctique et deviendra au passage la première Marocaine a avoir atteint les sept plus hauts sommets des sept continents. ”Mon message est de prouver que les rêves peuvent se réaliser. Il suffit d’y croire et d’avoir de la volonté”, confie-t-elle.

Le Mont Vinson est le point culminant de l’Antarctique. Malgré ses 4.892 mètres d’altitude, le massif n’a été découvert qu’en 1958 au cours d’un survol aérien. C’est aussi l’une des montagnes les moins gravies, seul 1.100 personnes s’y étant aventurées à ce jour. Bouchra Baibanou partira le 2 décembre à Punta Arenas, la ville la plus australe du Chili et de là elle prendra un autre avion pour atteindre le glacier Union en Antarctique. Si les conditions météorologiques sont clémentes, un autre vol la déposera au camp de base du Mont Vinson à 2.200m. L’ascension durera environ 10 jours et se fera en froid extrême (aux alentours de -40°C).

Baibanou n’en est pas son coup d’essai. L’athlète marocaine a entamé son aventure en février 2011, avec le plus haut sommet d’Afrique, le Kilimandjaro (5.895 m), avant d’enchaîner avec le plus haut sommet d’Europe, l’Elbrouz (5.642 m), en juin 2012. Décorée par le roi Mohammed VI entre temps, elle décide de continuer son entreprise et gravit le plus haut sommet de l’Amérique du sud, Aconcagua (6.962 m), en janvier 2014, avant de s’attaquer au plus haut sommet de l’Amérique du nord, Denali (6.194 m) en juin 2014 puis le plus haut sommet de l’Océanie, le Puncak Jaya ou pyramide Carstensz (4.884 m) en novembre 2015. Point culminant de l’aventure, en mai dernier, cette fonctionnaire au ministère de l’Equipement et des Transports, maman d’une fille de 12 ans, est devenue la première Marocaine à se hisser au sommet de l’Everest (8.850 m) au terme d’une expédition de deux mois.

Pour réaliser de telles prouesses, Bouchra Baibanou s’astreint au quotidien à un entraînement régulier, alternant course, musculation, natation, yoga, complété par une alimentation saine et équilibrée. “La préparation mentale est tout aussi importante”, souligne cette ingénieure d’Etat en informatique, diplômée à Montréal, qui lors de sa dernière ascension a été témoin de la chute mortelle de l’alpiniste suisse Ueli Steck. 

“La montagne est une grande école. On y apprend la ­patience, la gratitude et à vivre le moment présent. Depuis que je me suis mise à l’escalade, plus rien dans mon quotidien ne me semble difficile. Avant, je me compliquais la vie. Maintenant, je profite de chaque instant. On grimpe avec des personnes de cultures et religions différentes, des amitiés se nouent, et on devient plus tolérant”, ajoute-t-elle.

Si elle réussit l’ascension du Mont Vinson, Bouchra Baibanou aura gravi 7 sommets en 7 ans.