TUNISIE
15/05/2019 13h:06 CET

Après les réactions à la lettre de Ben Ali: Les Tunisiens "attendent qu’il prenne directement la parole" affirme Mounir Ben Salha

“Les Tunisiens s’attendaient à quelque chose de plus spectaculaire. Moi ce que je comprend de ces réactions, c’est qu’ils attendent qu’il prenne directement la parole" a-t-il commenté.

L’ancien dictateur déchu, Zine El Abidine Ben Ali, a publié, via son avocat Mounir Ben Salha, une lettre adressée aux Tunisiens, au sein de laquelle il promet de revenir en Tunisie et démentant les rumeurs sur son état de santé.

“C’est une lettre du président Ben Ali. Il m’a demandé mon avis, je lui ai dit qu’il était dans son droit de répondre. Il a demandé à ce que cela soit fait à travers son avocat pour que ce soit fait de façon officielle, car il lui est difficile de répondre directement” a expliqué Mounir Ben Salha sur les ondes de la radio Mosaïque FM indiquant qu’ “il ne lui est pas expressément interdit par l’Arabie Saoudite de s’exprimer directement, mais qu’il y a des règles implicites” à suivre puisque c’est la deuxième fois que Ben Ali s’adresse de la sorte aux Tunisiens après 2016: “Toutes les autres qui lui ont été prêtées sont fausses” a-t-il souligné.

Selon lui, Ben Ali n’allait pas risquer “d’insulter untel ou untel ou de parler de la situation au Moyen-Orient ou en Tunisie ou encore de parler des élections en Tunisie. Il sait que cela aurait dérangé l’Arabie Saoudite (...) Il savait donc très bien ce qu’il pouvait dire et ce qu’il ne pouvait pas dire”.

Quant aux raisons ayant poussé l’ex-dictateur déchu à s’exprimer, son avocat explique que les dernières rumeurs sur son état de santé “l’ont beaucoup affecté (...) Il a voulu rassurer les Tunisiens parce qu’il a reçu beaucoup de lettres de soutien”. 

Même si ce n’est pas la première fois que de telles rumeurs sortent, Ben Salha déplore le fait “que certains journalistes sortent cette carte quand il n’y a pas d’informations (...) Depuis 2011, je les ai comptés, Ben Ali serait mort 168 fois” dit-il.

S’il n’a choisi qu’aujourd’hui pour s’exprimer, c’est parce que “la rumeur est cette fois-ci venue de Tunisie. Avant, elle venait de chaines étrangères ou de sites arabes. Or cette fois-ci, la rumeur a émané de politiciens tunisiens”.

Interrogé sur les réactions du public face à cette lettre, et notamment la remise en cause de son authenticité par plusieurs internautes, Ben Salha rétorque: ″Je n’ai fait que publier ce qu’il a voulu que l’on publie. Je ne suis pas responsable du contenu” dit-il. “Je pensais qu’il allait citer les noms de certains hommes politiques tunisiens dans sa lettre, mais il n’y avait aucun nom. Peut-être qu’il a voulu agir en tant qu’ancien responsable de l’État”.

“Les Tunisiens s’attendaient à quelque chose de plus spectaculaire. Moi ce que je comprend de ces réactions, c’est qu’ils attendent qu’il prenne directement la parole. Moi même j’aurais souhaité qu’il le fasse” a-t-il conclu.

Plus tôt dans la journée, Mounir Ben Salha avait publié une lettre de l’ancien dictateur déchu, Zine El Abidine Ben Ali, dans laquelle ce dernier avait affiché sa volonté de revenir en Tunisie: “Soyez certains, je reviendrai, si Dieu le veut”.

Il a en outre rassuré sur son état de santé déplorant au passage “la récupération politique” autour de sa personne.

En fuite en Arabie Saoudite depuis le 14 janvier 2011, Zine El Abidine Ben Ali n’a fait depuis aucune sortie médiatique et reste très discret. Son avocat avait récemment annoncé qu’un livre était en préparation.

 

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