TUNISIE
14/04/2018 13h:12 CET | Actualisé 14/04/2018 13h:47 CET

Après les frappes en Syrie, la France publie son rapport (mais pas encore de preuves) sur l'attaque chimique à Douma

"Nous estimons avec un haut niveau de confiance qu'elles sont le fait du régime syrien."

IAKOVOS HATZISTAVROU via Getty Images

DÉFENSE - Quelques heures après les frappes en Syrie, le ministère de la Défense a apporté de nouveaux éléments qui a conduit la France a procédé à cette intervention. Une petite dizaine de pages constituent les conclusions de l’évaluation nationale conduite après l’attaque chimique du 7 avril 2018 à Douma (au moins 40 morts).

 

Mais ce ne sont pas à proprement parler les preuves attendues par l’oppositionpour justifier l’action militaire.

“Plusieurs attaques chimiques létales ont été conduites. (...) Nous estimons avec un haut niveau de confiance qu’elles sont le fait du régime syrien”, peut-on lire d’emblée dans ce document qui évoque 11 attaques du genre (sur les 44 allégations de recours à des armes chimiques) depuis le 4 avril 2017.

 

“Des renseignements fiables indiquent que des responsables militaires syriens ont coordonné ce qui apparaît comme l’utilisation d’armes chimiques contenant du chlore à Douma le 7 avril 2018”, est-il écrit un peu plus loin.

 

Synthèse d’évaluation sur l’attaque chimique en Syrie - ATTENTION CERTAINES PHOTOS PEUVENT CHOQUER

 

Quel intérêt pour la Syrie?

Évoquant “l’analyse de témoignages, photos, vidéos” et à partir d’expertises des “symptômes” identifiables sur les victimes, la France avance l’hypothèse d’une intoxication par des agents suffocants. Mais à ce stade, aucun échantillon chimique n’a été analysé dans les laboratoires français.

 

La France estime que ces attaques menées par la Syrie “fait sens” aussi bien militairement que stratégiquement. Paris accuse Damas d’avoir utilisé les armes chimiques comme “accélérateur de conquête (pour) faire tomber au plus vite le dernier bastion des groupes armés” et pour “provoquer sur les populations civiles un effet de terreur et de panique incitant à la reddition”.

Le ministère des Armées conteste aussi l’idée selon laquelle les rebelles auraient pu manipuler les images diffusées depuis le 7 avril. “Les groupes présents dans la Ghouta n’ont pas les moyens de mener une manœuvre de communication d’une telle ampleur”, jurent les services militaires français.

Ces derniers écartent aussi la thèse d’une utilisation par les rebelles des agents chimiques en cause.

Les Etats-Unis ont dit vendredi avoir la “preuve” que les forces de Bachar al-Assad ont utilisé des armes chimiques lors d’une attaque samedi à Douma en Syrie. L’armée russe a de son côté affirmé vendredi disposer de “preuves” de la “participation directe de la Grande-Bretagne” à la “mise en scène” de l’attaque chimique dans la Ghouta orientale. L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) annonce elle qu’elle va poursuivre sa mission d’enquête sur l’attaque chimique présumée.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.