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02/11/2014 07h:26 CET | Actualisé 02/01/2015 06h:12 CET

Après les élections, encore un autre choix

POLITIQUE - Nous sommes là en tant qu'Observateurs internationaux de l'ONG Global Network for Rights and Development (GNRD) pour une élection capitale pour l'avenir de la démocratie bien entendu mais surtout pour l'avenir du respect des libertés individuelles des Tunisiens.

Dans le bureau de vote de la rue Marseille à Tunis, de longues files d'attente, hommes et femmes ensemble.

Le premier étage de l'école est réservé aux jeunes électeurs qui grimpent les marches plus facilement.

Nous sommes là en tant qu'Observateurs internationaux de l'ONG Global Network for Rights and Development (GNRD) pour une élection capitale pour l'avenir de la démocratie bien entendu mais surtout pour l'avenir du respect des libertés individuelles des Tunisiens.

Dans ce bureau du centre de Tunis, 2 femmes déléguées, l'une pour le parti Ennahdha, l'autre pour Nida Tounes, sont assises côte à côte sur le petit banc étroit de la salle de classe, laissant entrevoir une certaine complicité entre elles... l'une porte un foulard qui lui entoure le visage et une longue robe, la seconde le cheveux naturel, tenue citadine: chemise et pantalon.

Et pourtant ces deux femmes représentent deux projets de société très différents pour l'avenir des Tunisiennes et des Tunisiens.

Tous les observateurs avaient prévu que ces 2 partis arriveraient en tête et tous y ont vu une formidable occasion pour la Tunisie de les faire travailler ensemble dans un gouvernement d'Union National.

Mais cela est sans compter sur la présence du troisième parti UPL du président de Club Africain, Slim Riahi et de petits partis de gauche qui ont su rester très fermes avec la majorité et qui représentent une partie de la société civile tunisienne et particulièrement des mouvements de femmes.

Le parti Nida Tounès de Beji Caïd Essebsi a remporté la majorité avec 15 sièges d'avance sur Ennahdha.

Beji Caid Essebsi a maintenant le choix soit de former un gouvernement d'Union National avec Ennahdha, qui seraient ainsi associés à l'exercice du pouvoir, légitimant ainsi leur projet conservateur, soit de former un gouvernement avec les représentants des petits partis rejetant ainsi Ennhadha dans l'opposition.

Si les tenants du "politiquement correct" parfois un peu candides en Europe et aux Etats Unis préfèreraient la première solution se satisfaisant de la "modération" des islamistes pouvant arguer ainsi du succès de la démocratie et prendre la Tunisie comme un exemple de réussite parmi les pays de la révolution du "Printemps arabe", il n'est pas sûre que les Tunisiens soient du même avis.

Beaucoup en effet craignent que cette "modération" ne soit qu'un "faux nez" pour mieux influencer la société tunisienne et pouvoir a plus long terme imposer leur loi.

Ils ont largement rejeté la première expérience des islamistes qui a été un échec pour l'économie du pays, qui a vu s'effondrer le tourisme, ressurgir les problèmes de sécurité alors que certains opposants ont été assassinés et que les Tunisiens ont été victimes à nouveau d'attentats terroristes.

Ce choix est crucial car il pourrait avoir un effet d'entrainement sur les pays musulmans du Maghreb notamment sur la Libye, et sur ceux du Moyen Orient qui refusent l'extrémisme et cherchent à conserver les valeurs de laïcité.

C'est la victoire d'une société civile forte qui a fait reculer la menace islamiste et qui pourrait être une victoire dans le combat contre les extrémistes.

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