ALGÉRIE
24/03/2019 19h:00 CET

Après les déclarations de Hocine Khaldoun: Au FLN, le "cadre" de Bouteflika ne fait plus rêver le parti

Huffpost MG

Même au FLN, Bouteflika n’est plus en odeur de sainteté. En 48 heures, celui dont on célébrait il y’a encore un mois le “cadre” à chaque rencontre et dont la seule évocation de son nom pouvait déclencher la ferveur des responsables du parti, est aujourd’hui contesté. Il est loin le temps où le coordinateur de l’instance du FLN, Mouaad Bouchareb comparait Bouteflika à “l’envoyé de dieu venu en 1999 pour sauver l’Algérie”.

Aujourd’hui, une partie des cadres n’hésitent plus à prendre leurs distances avec les engagements du Président, et enterrer ses propositions formulées dans sa lettre publiée le 8 mars.

Dans une déclaration incendiaire à Dzair News, le porte-parole du FLN et membre de l’instance dirigeante Hocine Khaldoun dézingue les principales propositions du président qui s’articulent autour du report de la présidentielle, la tenue de la conférence nationale, la mise en place d’une instance indépendante pour l’organisation des élections, un référendum populaire pour la révision de la Constitution et enfin des élections présidentielles.

“Au FLN, nous disons que cette conférence ne va pas régler le problème, parce que celui qui y sera présent n’est pas élu. Qui va mander les participants ? À notre avis, la conférence n’est plus valable”, a affirmé M. Khaldoun.

Pour sortir de la crise politique actuelle, le porte-parole du FLN propose l’organisation d’élections présidentielles. “Il s’agit maintenant d’élire un président de la République. Si on veut gagner du temps, on crée l’instance indépendante de contrôle des élections et on amende la loi électorale pour garantir la transparence des élections. Le président qui sera élu, c’est lui qui s’adressera au peuple et au hirak”, a-t-il déclaré.

La déclaration de Hocine Khaldoun marque pour la première fois une rupture avec le président de la République et son entourage. Elle est le prélude à de grandes manœuvres pour se débarrasser des hommes proches de Said Bouteflika au parti. Ahmed Boumehdi en compagnie d’autres élus du parti ont déposé une requête au conseil d’Etat pour contester la légalité de l’instance qui dirige le parti.

En ligne de mire le coordinateur de l’instance dirigeante, Mouad Bouchareb, mais également Mustapha Rehiel dont les liens étroits avec le frère du Président, on en fait un personnage clés au parti. Dans l’état actuel, le clan présidentiel n’est “même pas sûr de pouvoir s’opposer à une décision de la justice, en faveur des requérants”, estime un cadre dirigeant du parti. Un autre membre de l’instance dirigeante, Saïd Lakhdari avait fait défection et marqué ses distances avec le Président Bouteflika. 

Invité d’une émission de la chaine 3, de la radio nationale le 23 mars et questionné sur la possibilité à ce que  “le parti majoritaire qui a soutenu le cinquième mandat pousse le pouvoir en place à aller à la décision du départ de Bouteflika ?”, L’ancien président du groupe FLN à l’APN a répondu : “Pourquoi pas ?”. Au FLN, le nom de Bouteflika n’est plus une assurance “tous risques ”.