MAROC
29/06/2018 19h:27 CET | Actualisé 29/06/2018 19h:30 CET

Après le verdict, la colère s'empare lentement d'Al Hoceïma

Une tension moins intense mais présente, rapporte l'AMDH.

FADEL SENNA via Getty Images

AL HOCEIMA - “À l’énoncé du verdict, mardi soir, les forces publiques ont été déployées massivement dans la ville pour éviter le déclenchement d’éventuelles protestations”. Le président de la section locale de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) à Al Hoceïma, Mustapha Allach, décrit le retour de la tension dans la ville. La condamnation des détenus du Hirak du Rif à des peines de 20 ans de prison ferme à un an de prison avec sursis n’a pas laissé les habitants insensibles. “Dans le quartier où habite Nasser Zefzafi, les habitants se sont amassés pour manifester leur colère mais ils ont été rapidement encerclés par les forces de l’ordre”, témoigne-t-il, précisant que la protestation en question n’a pas duré très longtemps.  

Moins intense mais présente, cette tension semble s’emparer des habitants qui refusent un verdict jugé “trop excessif”, à en croire ce militant associatif, qui indique que des manifestations sporadiques se tiennent ici et là.  

Ainsi au centre ville, au lendemain du verdict, des cafés et commerces ont baissé leurs rideaux donnant l’impression d’une paralysie. “Mais cette grève n’était pas généralisée à toute la ville. Dans les quartiers populaires, par exemple, la vie a suivi son cours normal”, affirme-t-il. 

Auprès des familles des condamnés, la vie, elle, ne suit pas son cours normal. Elles sont les premières à s’insurger contre le verdict à Al Hoceïma. Selon Mustapha Allach, les mères des détenus se sont rassemblées, hier en fin d’après-midi, sur la grande place du centre ville pour exprimer leur douleur et crier leur colère à l’encontre du verdict. 

Le même jour, à minuit, c’est une nouvelle protestation qui s’est fait entendre, littéralement, à coup d’ustensiles de cuisine. Au son des casseroles, les quartiers où résident les familles des détenus ont exprimé pendant une courte durée leur mécontentement. Et sur les terrasse des maisons, des youyous ont retenti en hommage aux détenus.