MAROC
31/03/2019 18h:27 CET

Après le verdict contre quatre journalistes, Benchamach déclare que le retrait de la plainte "n’était pas possible"

Il estime que l'affaire a "été politisée".

PAM

PROCÈS- Le retrait de la plainte contre un membre de la Chambre des conseillers et les quatre journalistes reconnus coupables de fuite d’informations concernant les conclusions de la commission d’enquête parlementaire sur la Caisse marocaine de retraite (CMR) le 27 mars “n’était pas possible”. C’est le président de la Chambre des conseillers, Hakim Benchamach qui le précise estimant que d’un “point de vue juridique et constitutionnel”, ce retrait n’était pas admis.

Benchamach, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse qu’il a tenue, vendredi, a assuré que cette affaire a été “politisée par certaines parties qui ont utilisé quelques médias”. Soulignant avoir tenté avec différentes parties notamment le Syndicat national de la presse marocaine et le Conseil national de la presse de trouver le moyen de mettre un terme à l’affaire sans y arriver, explique-t-il sur sa page Facebook, ce dimanche. 

 Benchamach dit regretter qu’aucune solution n’ait été trouver pour éviter au conseiller et aux journalistes le procès. Il réitère n’avoir jamais déposé contre eux mais d’avoir reçu un rapport sur la fuite que lui a adressé la commission d’enquête. Ce rapport, il affirme l’avoir transmis par “contrainte législative au ministre de la Justice qui était à l’époque président du ministère public”. De son côté, ce dernier a engagé une procédure d’enquête conformément à la loi. 

Il s’agit, pour Benchamach, d’une plainte publique et non civile, “en l’absence de dispositions dans la loi organique relative aux commissions d’enquête parlementaires régissant une telle question”. Et de souligner l’importance du respect du secret qu’exige les commissions d’enquête en tant que mécanismes institués par la constitution et la loi.

La loi organique relative au fonctionnement des commissions d’enquête parlementaires exige, a-t-il tenu à souligner, le transfert de tout rapport faisant état de “divulgation d’informations” sinon “le président de la Chambre serait accusé d’entrave au bon déroulement de la commission”.

Les quatre journalistes et le parlementaire poursuivis dans l’affaire Benchamach, Mohammed Ahaddad (Al Massae), Abdelhak Belachgar (Akhbar Al Yaoum), Kaoutar Zaki et Abdelilah Sakhir (Aljarida24) et le conseiller parlementaire Abdelhak Hissane (groupe CDT) ont écopé de 6 mois de prison avec sursis et d’une amende de 10.000 dirhams. Face au verdict, Benchamach exprime ses regrets précisant qu’“en tant que défenseur de la liberté d’expression” et son “parcours politique et de militant des droits de l’homme” “ne lui permettent de porter plainte aucune plainte à l’encontre de journalistes”.