MAROC
03/07/2019 17h:50 CET | Actualisé 03/07/2019 17h:51 CET

Après le raid de Tripoli, le consulat du Maroc à Tunis à la recherche d'éventuelles victimes marocaines

En coordination avec les autorités libyennes et les instances marocaines.

Anadolu Agency via Getty Images

LIBYE - Mardi soir, un raid aérien sur un centre de détention de migrants dans la banlieue de Tripoli a tué 44 personnes et fait près 130 blessés. Le consulat général du Maroc à Tunis suit de près la situation et enquête sur d’éventuelles victimes marocaines parmi les morts et blessés, selon un communiqué publié par le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. 

Le consulat marocain affirme suivre de près la situation avec les autorités libyennes, après le raid sur le centre où des migrants sont retranchés depuis plusieurs mois. Dans ce communiqué, il précise avoir entrepris des contacts avec les autorités libyennes actuellement en train de déterminer et d’établir l’identité des 44 morts et 130 blessés dans cette attaque. 

Le consulat indique, par ailleurs, avoir prévu des mesures, en coordination avec les instances marocaines concernées, pour faciliter l’évacuation d’éventuels blessés et/ou morts. A Tripoli, de nombreux Marocains qui ont tenté de rejoindre l’Europe clandestinement depuis la Libye se sont retrouvés coincés dans des centres de migrants, en attendant un rapatriement vers le royaume.

Selon un photographe de l’AFP arrivé tôt sur place, ce mercredi, “plusieurs corps gisaient sur le sol aux côtés de restes humains mêlés aux affaires et vêtements des migrants maculés de sang”. Les services de secours recherchaient d’éventuels survivants sous les décombres, tandis que des dizaines d’ambulances avaient été déployées.

Le gouvernement d’union nationale (GNA) basé à Tripoli et reconnu par la communauté internationale a dénoncé, dans un communiqué, “un crime odieux”, accusant les forces pro-Khalifa Haftar d’avoir mené une attaque “préméditée” et “précise” contre le centre de migrants. “Ce maréchal tente depuis plus de trois mois de s’emparer de la capitale”, ont-ils dénoncé. 

La frappe contre le centre n’a pas été revendiquée, pour l’instant, mais des médias pro-Haftar ont fait état, mardi soir, d’une “série de raids aériens” à Tripoli et Tajoura. 

Condamnation internationale

La communauté internationale n’a pas tardé à réagir. “Cet attentat pourrait clairement constituer un crime de guerre, frappant des innocents […] contraints d’échouer dans cet abri par des conditions de vie épouvantables”, a déclaré Ghassan Salamé, l’émissaire de l’ONU en Libye. Il a appelé la communauté internationale ”à condamner ce crime et à imposer les sanctions appropriées à ceux qui ont mené cette opération en violation flagrante du droit international humanitaire”. 

Du côté du continent, le président de la commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, a “condamné fermement” la frappe et réclamé “une enquête indépendante pour s’assurer que les responsables du meurtre horrible de ces civils rendent des comptes”, rapporte l’AFP

Dans un communiqué, Federica Mogherini, la cheffe de la diplomatie européenne, dénonce une attaque choquante et tragique d’un centre de détention à Tripoli qui ”nous rappelle le coût humain du conflit en Libye ainsi que la situation désastreuse et vulnérable des migrants pris dans la spirale de la violence dans ce pays”.

La France a également condamnéce mercredi, le raid aérien. ”À la suite de ce drame, la France appelle à nouveau les parties à une désescalade immédiate et à la cessation des combats”, a souligné la porte-parole du ministère des Affaires étrangères français.