MAROC
09/08/2019 17h:51 CET

Après le décès tragique de Hiba, le "Mouvement Wlad Derb" demande des explications à la protection civile

Il a adressé une lettre au directeur général l'appelant à s'expliquer sur "le retard des pompiers".

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MOUVEMENT CITOYEN - La mort tragique de Hiba dans un incendie à Sidi Allal Al Bahraoui (Khémisset), dimanche 4 août dans l’après-midi, a marqué les esprits. Prise dans un piège de flammes, la fillette de 4 ans n’a pu être sauvée à temps. Les cris d’indignation quant au “retard et manque de moyens des services de la protection civile” résonnent encore. Et après les habitants, c’est un mouvement citoyen casablancais de Sidi Moumen qui prend le relais à la recherche d’une réponse à la question: à qui la faute?

Le “Mouvement Wlad Derb” (enfants du quartier) a publié, hier, une lettre qu’il a adressée au directeur général de la protection civile au nom du “devoir” et du “droit d’interpeller les responsables”, souligne-t-il, revendiquant, entre autres, dans sa lettre, des explications sur “les raisons ayant retardé l’arrivée des pompiers au bon moment”. “Nous l’avons envoyée par mail, hier, après avoir longtemps cherché sur Internet un lien de contact sans parvenir à trouver ni adresse mail ni rien. On est finalement tombé sur le numéro de téléphone d’une caserne et ensuite on a eu le contact de la chargée des relations publiques de la direction de la protection civile”, raconte au HuffPost Maroc le fondateur du “Mouvement Wlad Derb”, Mehdi Ezzouate, pour souligner que “l’accès aux responsables n’est pas toujours évident”.

Mais la persévérance a fini par payer. Le mouvement, né de la volonté d’éveiller les consciences citoyennes, il y a cinq ans, veut faire comprendre “aux citoyens qu’ils ont le droit d’interpeller les responsables pour comprendre les problèmes, en connaître la source et lancer les alertes pour qu’ils ne se reproduisent plus jamais”, précise Mehdi Ezzouate qui est juriste de formation.

C’est le cas, aujourd’hui, pour lui: “La protection civile est chargée de la sécurité des citoyens. Elle a un rôle primordial, mais lorsqu’il y a absence de communication entre elle et le citoyen, cela devient grave. La direction n’a ni site Internet, ni page Facebook, ni compte Twitter... Rien!”.

Coup de gueule, ce mouvement a tenu à l’exprimer dans sa lettre où il reproche à la protection civile, suite au drame de Hiba, “l’absence de communication auprès de l’opinion publique autour des circonstances de l’incident”. “Il s’agit d’une direction générale indépendante. Elle se doit de communiquer, de s’expliquer. Les témoins du drame disent avoir eu du mal à contacter les pompiers et que ces derniers ont pris une heure avant d’arriver”, souligne le fondateur du mouvement, estimant que “les transferts d’appel du standard central vers les casernes concernées ne fait que retarder les secours. C’est impossible que l’intervention se fasse dans les 5 minutes qui suivent l’alerte”.

Appelant la direction générale de la protection civile à faire le point sur ce qui s’est passé dans le détail au cours de l’intervention des pompiers dans le drame de Hiba, le mouvement lui reproche également “l’état des véhicules et des équipements utilisés” ainsi que le “mode opératoire des secours”. “On a parlé d’un manque de pression du jet d’eau (...). Des citoyens en seraient responsables d’après le ministère de l’Intérieur. Il faut que toute personne responsable soient sanctionnée parce qu’une petite fille a payé de sa vie”, s’insurge le fondateur du mouvement.

Pour lui, il est temps que le drame de Hiba serve de leçon, réveille les consciences et montre l’importance pour la protection civile de disposer des moyens qu’il faut pour remplir sa mission. “Nous voulons une réponse à nos questions de la part de la direction générale. Nous allons la relancer si elle tarde à le faire d’ici la fin de l’Aïd El Kébir. Si nous n’avons rien, nous nous adresserons au ministère de l’Intérieur”.