MAROC
01/04/2019 18h:44 CET

Après l'acquittement d'un présumé pédophile à Nador, le procès en appel redonne de l'espoir à la partie civile

Prochaine audience le 22 avril.

Najia Adib/Facebook

JUSTICE - Le 12 décembre 2018, le verdict avait choqué. Un homme de 67 ans accusé de viol par un enfant de 9 ans dans la commune de Midar à Driouch (à 75 km de Nador) avait été acquitté par le tribunal de première instance de Nador. L’association “Touche pas à mes enfants”, qui avait alors porté l’affaire en justice et constitué un dossier d’accusation sur la base de certificats médicaux assurant, selon elle, les abus subis par l’enfant, a interjeté appel. 

Aujourd’hui commence ainsi la deuxième manche d’un combat que mène avec acharnement la présidente fondatrice de “Touche pas à mes enfants”, Najia Adib. A Nador avec l’avocat Youssef Gharib, elle a assisté, ce lundi 1er avril, à une nouvelle audience qui s’est achevée par un report au 22 avril, mais dans un climat qualifié de favorable par la partie civile.“Les nouvelles sont bonnes”, déclare au Huffpost Maroc Me Gharib du barreau de Casablanca. Ce dernier affirme avoir entrepris les procédures juridiques en vigueur et présenté une requête pour la convocation de l’accusé. “C’est acté, l’instruction de l’affaire reprendra de zéro et à la prochaine audience les deux parties présenteront leurs arguments”, dit-il avec enthousiasme. Et de préciser que la cour a dû ajourner le procès pour accorder un délai à l’accusé, résidant en Belgique, de rentrer au Maroc.

L’avocat ne veut pas dévoiler les nouveaux éléments de son dossier mais assure disposer de preuves éloquentes pour que l’accusé soit cette fois-ci condamné. “En plus des expertises médicales qui avaient été réalisées au tout début de l’affaire, d’autres seront rajoutées au dossier ainsi que des éléments, dont nous ne pouvons pas en parler pour le moment”, insiste-t-il. “Nous espérons que la justice suivra son cours normal”, ajoute, de son côté, Najia Adib.

Pour cette dernière, l’engagement auprès de la victime, Abdelhadi, ne s’arrête pas à la porte du tribunal. “Nous sommes très optimistes, cette fois-ci, quant à l’aboutissement du procès. Abdelhadi a besoin d’assistance psychologique et c’est sur cela que nous allons travailler, à présent”, nous déclare-t-elle. Avec Me Gharib, elle est allée voir l’enfant et lui parler comme à l’accoutumée. “Son état de santé s’est détérioré, ses résultats scolaires sont en dégringolade et il subit continuellement des harcèlements à l’école”, regrette-t-elle. L’aider à s’en sortir sera un nouveau défi pour “Touche pas à mes enfants”.