MAROC
02/08/2018 12h:15 CET | Actualisé 02/08/2018 12h:45 CET

Après la vidéo choc sur les urgences de l'hôpital Ibn Rochd, la direction s'explique

L'établissement estime que la vidéo “induit en erreur” l’opinion publique.

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DÉMENTI - “La femme qui apparaît dans la vidéo a bénéficié, en peu de temps, dès son arrivée au service des urgences, d’un examen par scanner, à la demande du médecin spécialiste en neurochirurgie, qui a démontré qu’elle ne nécessite pas d’intervention d’urgence”. La direction du CHU Ibn Rochd à Casablanca explique ainsi un extrait de la vidéo polémique filmée le 31 juillet au sein de son service des urgences, par une femme qui se présente comme étant une ressortissante française. Celle-ci montre une jeune femme, physiquement affaiblie et assise sur une chaise, indiquant qu’elle souffre d’“une hémorragie cérébrale” et qu’elle attend depuis plusieurs heures alors qu’“en France, elle aurait été prise en charge directement”.

Dans son communiqué, la direction du centre hospitalier se montre surprise par des “accusations infondées” et tient à préciser que la patiente ne souffre d’aucune hémorragie cérébrale et qu’“elle a quitté le service des urgences après avoir reçu les soins nécessaires à sa blessure au niveau du front, munie de la prescription du médecin spécialiste”. 

La direction du CHU estime que la vidéo “induit en erreur” l’opinion publique, soulignant que le service des urgences reçoit “des centaines de cas urgents de toute la région Casablanca-Settat et en dehors de la région”. Et d’indiquer que la prise en charge de ces cas est assurée par les médecins internes qui procèdent à leur examen dans des salles de consultations. “Les cas graves sont, eux, orientés vers la salle de déchocage, en attendant d’être conduits vers la réanimation ou les services spécialisés”. Et d’ajouter que “certains cas nécessitent une consultation médicale dans un ou plusieurs spécialités, un examen radiologique et des analyses biologiques”. 

Une grande pression au quotidien, c’est ce que décrit la direction dans son communiqué où elle indique qu’en 24h, de 8h du matin du 30 juillet à la même heure du lendemain, ce service a reçu 214 cas, dont 20 dans un état grave. Au cours de ce même jour, précise la direction, 75 scanners (tomodensitométrie), 60 échographies et 281 radiographies ont été effectués.

La vidéo aurait été filmée le 31 juillet à quatre heures du matin, comme le montre l’écran du portable de la jeune femme. Sur le web, l’extrait d’un peu plus de deux minutes a été visionné plus de 500.000 fois en quelques heures et partagé plus de 20.000 fois.

Réagissant à cette vidéo, le ministre de la Santé, Anas Doukkali, avait déclaré, hier, au journal en ligne Le360: “J’ai demandé l’ouverture d’une enquête suite à des éléments contenus dans une vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux aujourd’hui”. 

Si la direction du centre hospitalier a donné ses précisions sur le cas de la patiente, elle n’a pas répondu aux critiques de la femme qui a filmé la vidéo dans laquelle elle dénonce les conditions d’hygiène de l’hôpital les qualifiant de catastrophiques.