MAROC
02/04/2019 12h:17 CET

Après la défaite de Daech, les femmes de jihadistes veulent rentrer au pays

El País retrace le parcours de trois femmes. Née au Maroc, l'une d'elles était enseignante à Ceuta.

ASSOCIATED PRESS
Mercredi 6 mars 2019, femmes et enfants montent à bord d'un camion dans une aire d'accueil pour personnes évacuées du dernier lambeau de territoire occupé par des militants de l'État islamique, à l'extérieur de Baghouz, en Syrie.

TERRORISME - Ce 23 mars, Daech a perdu la totalité de son califat autoproclamé après des semaines de combat contre les Forces syriennes démocratiques. Au fil des jours, femmes et enfants de jihadistes ont été évacués vers des camps de détention surveillés par les forces kurdes en Syrie. Le quotidien espagnol El País a retracé le parcours de trois femmes de combattants, Lubna, Yolanda et Luna. L’une d’elles était enseignante à Ceuta avant de rejoindre l’organisation terroriste.

Lubna Miludi a quitté l’Espagne le 5 novembre 2014, “cinq mois après la proclamation de l’État islamique par Abou Bkr al-Baghdadi le 4 juin de la même année”. “Elle avait 21 ans et des caméras de sécurité à l’aéroport de Malaga l’ont filmée alors qu’elle traînait une valise rouge à la porte pour prendre un vol à destination d’Istanbul. De là, son plan était de traverser la frontière et de rejoindre l’État islamique”, raconte El País

Née au Maroc, cette femme de jihadiste a la double nationalité: espagnole et marocaine. Avant de rejoindre les rangs de l’organisation terroriste, elle était enseignante à Ceuta, enclave espagnole au nord du Maroc. “Elle a dit à ses parents qu’elle allait ‘aider les petits enfants orphelins parce que leurs parents sont morts en combattant le Jihad’”, rapporte le journal espagnol.

Yolanda, elle, est madrilène. Elle s’est convertie à l’islam avant de rejoindre la Syrie avec son mari, Omar El Harchi. Ce dernier, un Marocain originaire de Tétouan, a été identifié “par la Haute Cour espagnole pour avoir agi en tant que ‘dirigeant opérationnel’ d’un réseau de recrutement à la mosquée M-30 à Madrid”, souligne le quotidien. Ils ont rejoint le bastion de Daech depuis Casablanca, en passant par Istanbul, comme Lubna. “Le couple a pris l’avion avec quatre autres combattants et ce petit groupe s’est appelé ‘Los Andalusíes’ ou ‘Brigada Al Andalus’”. Luna, elle, a également été embrigadée par son mari, après s’être convertie à l’islam.

Le gouvernement espagnol est en train de réfléchir au rapatriement de ces femmes et de leurs enfants mineurs. Le Maroc, lui, a rapatrié début mars 8 ressortissants marocains qui se trouvaient dans les zones de conflit en Syrie. Récemment, un combattant marocain de l’organisation terroriste confiait, à la radio espagnole, vouloir lui aussi rentrer au pays. Même s’il ne regrettait rien