TUNISIE
20/05/2019 12h:27 CET

Après la décision de Trump, Huawei dans de multiples collimateurs

Un coup dur pour le fabricant chinois...

FRED DUFOUR via Getty Images

Mercredi 15 mai, le président américain Donald Trump a signé un décret interdisant aux réseaux de télécommunications américains d’utiliser les équipements fournis par certaines entreprises étrangères, plus particulièrement les entreprises chinoises. Cette décision a été prise par soucis de sécurité nationale, en prévention par rapport aux “actes malveillants favorisés par internet, dont l’espionnage économique et industriel au détriment des États-Unis et de sa population” d’après le président des Etats-Unis.

Une société a été spécialement visée par le gouvernement américain, c’est Huwaei. Le géant de la télécommunication en Chine s’exporte grandement depuis quelques années. Cette expansion n’a pas que des bons côtés, la firme est aujourd’hui accusée par le gouvernement de Trump de se livrer à des activités d’espionnage pour le parti communiste chinois. L’année dernière déjà, avait été votée une loi aux Etats-Unis qui interdisait les agences fédérales américaines d’utiliser des équipements de Huawei et ZTE (équipementier en télécoms chinois). Une nouvelle accusation démenti par l’entreprise basé à Shenzhen se disant même prête à signer des “accords de non espionnage avec les gouvernements”.  

Dans un contexte actuel de guerre économique opposant l’Empire du Milieu et le pays de l’Oncle Sam, Donald Trump aimerait que le bannissement de Huawei aux Etats-Unis ne soit pas un cas isolé mais que les autres pays occidentaux le suivent dans sa démarche. Cependant, les pays européens n’ont pas l’air de partager la même opinion.

Le président français Emmanuel Macron a réagi ce jeudi 16 mai, à l’occasion du salon Vivatech à Paris, à la décision américaine. Le président français estime qu’il n’est “pas approprié de lancer maintenant une guerre technologique ou commerciale vis-à-vis de quelque pays que ce soit” et que “la perspective de la France n’est pas de bloquer Huawei ou tout autre entreprise, mais de préserver notre sécurité nationale et la souveraineté européenne”. Cependant malgré un désaccord avec la décision américaine, le chef du gouvernement français a tenu à faire part de sa méfiance concernant les équipements chinois: “J’ai tout fait pour qu’on soit réaliste sur la 5G et que l’Europe défende ses intérêts pour ne pas dépendre des composants chinois” avait-il affirmé. D’après la Tribune, le gouvernement français travaillerait actuellement sur une loi visant à limiter les infrastructures de Huawei dans les réseaux mobiles.

Climat de fortes suspicions aux Pays-Bas

Mais le jeudi 16 mai, une nouvelle tombe. D’après le média néerlandais Volkskrant, les services de renseignements néerlandais auraient lancé une enquête sur les agissements de Huawei aux Pays-Bas, ils soupçonneraient la firme chinoise d’avoircaché des backdoors dans l’équipement d’un des 3 opérateurs du pays, Vodafone, KPN ou T-Mobile/Tele2. Cette enquête a lieu en écho à la découverte il y a quelques semaines, par Vodafone, de portes dérobées dans l’équipement Huawei utilisé en Italie.

De plus, en avril dernier une affaire d’espionnage avait déjà été révélée. Celle-ci concernait le fabricant néerlandais d’équipements pour semi-conducteurs, ASML, qui a été victime d’un vol massif de données confidentielles s’écoulant sur plusieurs années. Une fuite qui aurait coûté des centaines de milliers d’euros à l’entreprise.

D’après le Monde, des cadres du groupe auquel appartient l’entreprise, avaient des liens avec le ministère de la Science et de la technologie chinois et lui auraient permis d’avoir accès au réseau interne de la filiale américaine de l’entreprise, donnant accès à une série de données, incluant des secrets de fabrication, à XTAL, concurrent chinois d’ASML. Il avait ainsi pu rafler des clients de l’entreprise néerlandaise, l’entreprise coréenne Samsung notamment. Malgré que le patron d’ASML, Peter Wennink ait démenti toute implication du gouvernement chinois dans cette affaire de vol, on est aujourd’hui dans un climat de forte suspicion.

Le ministère des Affaires étrangères néerlandais a donc annoncé que les Pays-Bas ne souhaitaient pas “être dépendants de la Chine concernant des technologies essentielles et les matériaux de pointe”. Les services de renseignement, eux, déclarent qu’il “n’est pas souhaitable que les Pays-Bas s’appuient sur du matériel ou des logiciels néerlandais d’entreprises de pays qui gèrent des programmes de cyber-programmes actifs” comme le souligne le site internet Phonandroïd.com. 

Concernant le déploiement de la 5G aux Pays-Bas, le fabricant chinois Huawei ne devrait pas être autorisé à participer aux festivités selon les Echos. Cependant on attend toujours la décision officielle du gouvernement à ce sujet.

Google suit Donald Trump

Pour finir, Huawei s’est récemment fait un nouveau détracteur de poids qui n’est autre que le géant californien Google.

Suite au décret de Trump incriminant Huawei, Google a annoncé le dimanche 19 mai, d’après une information de l’agence de presse Reuters, que le fabricant chinois n’aurait dorénavant plus accès au système d’exploitation Android pour ses smartphones.

L’entreprise de la Silicon Valley a précisé que cette décision serait effective pour les prochains téléphones de la marque chinoise qui pourra tout de même continuer à utiliser la version libre de droits d’Android (Android Open Source Project).

Elle ne pourra pas équiper ses futurs appareils de plusieurs applications tels que GMail ou YouTube. Cela marque un coup dur et un frein pour le fabricant chinois qui pensait devenir leader des ventes de smartphones en 2020. 

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.