TUNISIE
03/08/2018 19h:04 CET

Après la campagne de dénigrement contre la COLIBE, Bochra Bel Haj Hmida contre-attaque

"On s’attend à des décisions importantes du président de la République le 13 août 2018" estime-t-elle

Près d’un mois après sa publication, le rapport de la Commission des libertés individuelles et de l’égalité  (COLIBE) fait encore débat. Et c’est Bochra Bel Haj Hmida, la présidente de la COLIBE, qui se trouve au coeur du tumulte. Violemment attaquée, cette dernière refuse de courber l’échine sous la pluie de critiques et défend coeur et âme les propositions émises dans le rapport. 

Invitée vendredi sur les ondes de Mosaïque Fm, Bochra Belhaj Hmida a affirmé que certaines personnes s’amusent à balancer des mensonges et colporter toutes sortes de contrevérités pour porter atteinte au contenu du rapport. Une campagne de diffamation a été mise en marche pour dénigrer la COLIBE et ses membres, confie-t-elle à demi-mot.

“Le dialogue est accepté, mais le mensonge est interdit” martèle-t-elle en soulignant le fait que les propositions évoquées dans le rapport ont pour objectif de soulever le débat sur certaines questions épineuses.  

Selon elle, certains ont trouvé refuge dans les réseaux sociaux et les mosquées pour diffuser des rumeurs infondées, voire insensées. Des Imams l’ont même accusée à tort de vouloir à travers le rapport toucher aux principes fondamentaux de l’Islam, détruire l’identité tunisienne et briser des familles, selon ses dires. “C’est faux!” poursuit-elle en évoquant le fait qu’au contraire le rapport tient à préserver les libertés individuelles, de conscience, d’opinion et de culte. À ses yeux, le rapport est en phase avec les “objectifs de l’Islam”. 

“Je m’attendais à des réactions, mais pas à autant de dénigrement émanant des mosquées et de certains imams”, a-t-elle encore soulevé.

D’autre part, Bochra Bel Haj Hmida s’est montrée surprise quant au fait que certains personnalités et partis politiques n’ont pas évoqué leur soutien envers le rapport. Elle dit avoir attendu la réaction de l’ancien président de la République et grand défenseur des droits de l’homme, Moncef Marzouki et des partis politiques tels que le Front populaire, Afek Tounes et Nidaa Tounes.

Par ailleurs, la présidente de la COLIBE a affirmé qu’elle s’attend à des décisions importantes de la part du président de la République, Béji Caïd Essebsi, à l’occasion du 13 août 2018, date à laquelle il devrait enfin exprimer sa position au sujet du rapport de la COLIBE selon elle. À son avis, des mesures cruciales seront prises portant sur la question de l’égalité dans l’héritage. 

“Le président de la République a consulté le rapport pendant 48 heures et il l’a qualifié d’exceptionnel sur le plan juridique, tout en saluant le professionnalisme des membres de la COLIBE”, précise-t-elle. 

“Notre rendez-vous sera le 13 août” a-t-elle ajouté s’estimant incapable de déterminer la position officielle du président avant cette date butoir. 

Remis au président de la République le 8 juin, le rapport de la COLIBE propose une panoplie de mesures visant à concrétiser les libertés individuelles et l’égalité consacrées dans la Constitution tunisienne. Les propositions englobent plusieurs aspects: l’homosexualité, l’égalité dans l’héritage, les inégalités hommes-femmes au sein de la famille, etc. 

Depuis sa publication, le rapport de la COLIBE soulève le débat. Ainsi, si pour certains, ce rapport semble aller trop loin en terme de droits et libertés individuelles en s’attaquant aux principes fondamentaux de l’Islam; d’autres estiment que la Tunisie a osé s’attaquer à des tabous et réussi à prendre des décisions révolutionnaires, en phase avec la modernité tout en respectant le texte sacré. 

 

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