MAROC
05/08/2019 12h:31 CET

Après El Paso et Dayton, Donald Trump impute les fusillades à un "problème de maladie mentale"

Ce n'est pas la première fois que le président américain utilise cet argument, fréquemment utilisé dans les rangs républicains.

Yuri Gripas / Reuters

ÉTATS-UNIS - C’est une réponse régulièrement utilisée par Donald Trump pour tenter d’expliquer les fusillades qui endeuillent son pays. Le président américain a de nouveau imputé ce dimanche 4 août les deux tueries d’El Paso et de Dayton, ayant fait 29 morts, à un “problème de maladie mentale”.

Dans sa première apparition télévisée depuis les drames, Donald Trump a renvoyé l’explication des fusillades à un argument fréquemment avancé dans les rangs républicains. “Il y a un problème de maladie mentale dans ces deux cas, a-t-il dit. Ces gens souffrent d’une maladie mentale très grave”.

“Donald Trump essaie encore d’imputer à la ‘santé mentale’ la responsabilité des fusillades de masse, qui sont en réalité le résultat d’un mélange toxique de ventes d’armes à feu et de suprémacie blanche: ’Nous avons fait bien plus que la majorité des administrations... c’est aussi un problème de maladie mentale’”

En novembre 2017, le président américain avait estimé que la fusillade survenue dans une église du Texas, qui avait fait 26 morts, ne posait pas la question de l’encadrement des armes mais celle de la santé mentale de son auteur.

Le président américain avait qualifié le tireur “d’homme dérangé”, qui a eu “beaucoup de problèmes pendant longtemps”. “Nous avons beaucoup de problèmes liés à la santé mentale dans notre pays, comme d’autres pays du monde”, avait-il ajouté.

Ciblé par les démocrates

Les autorités soupçonnent un motif raciste ayant poussé un homme blanc de 21 ans à ouvrir le feu dans un hypermarché d’El Paso, à deux pas de la frontière mexicaine, tuant 20 personnes samedi, dont six Mexicains. À Dayton, dans l’Ohio, neuf personnes ont perdu la vie. Le tireur, également un homme blanc, âgé cette fois de 24 ans, a été abattu. La police ne peut, à ce stade, donner de raisons pour expliquer son geste.

Donald Trump a été la cible directe de critiques de ses adversaires démocrates après la fusillade d’El Paso, qui l’ont accusé d’alimenter la montée de l’intolérance avec sa rhétorique anti-immigrés. “Le président en personne promeut le racisme et la suprématie blanche”, a écrit sur Twitter la sénatrice Elizabeth Warren, l’une des favorites de la primaire démocrate.

Donald Trump “encourage non seulement la rhétorique raciste mais aussi la violence qui suit”, a renchéri un autre candidat à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle de 2020, Beto O’Rourke, originaire d’El Paso.

“La suprématie blanche, comme toute autre forme de terrorisme, est un fléau qui doit être détruit”, a tweeté la propre fille du président Ivanka Trump avant la prise de parole de son père.

Le dirigeant républicain s’est, lui, gardé d’utiliser ce terme.

“Il n’y a pas de place pour la haine dans notre pays”, a-t-il déclaré depuis le New Jersey. “Il faut que ça s’arrête. Ça dure depuis des années. On a déjà fait beaucoup mais peut-être qu’on doit faire davantage”, a-t-il dit.

Dans sa courte intervention, le locataire de la Maison Blanche a tenu à remercier les forces de l’ordre, intervenues en moins d’une minute après le début de la fusillade.

Donald Trump a indiqué qu’il ferait une annonce demain matin, sans plus de détails.

Cet article a initialement été publié sur le HuffPost France.