ALGÉRIE
22/02/2019 11h:31 CET | Actualisé 22/02/2019 12h:44 CET

Appel anonyme sur Facebook contre le 5e mandat: La police embarque les manifestants à Alger

HuffPost Algérie

“Il y’a plus de pigeons que de manifestants”, souligne avec sarcasme un policier en civil, présent au 1er mai , lieu de ralliement des manifestants contre le 5e mandat de Bouteflika. A la place Mohand Tayeb Ferkoun, ils étaient une quinzaine à avoir bravé vendredi le dispositif policier mis en place depuis la diffusion anonyme d’un appel sur Facebook, appelant les algériens à venir protester contre la candidature du Président.

Des anonymes rapidement encerclés par des flics en civil et par de très nombreux reporters venus couvrir événement. “Non au 5ème mandat” scandent le petit groupe de manifestants. C’est à ce moment que l’ordre est donné de faire évacuer la place et que la police procède aux premières interpellations.

Un premier groupe de 7 manifestants est encerclé par des policiers en civil. “Ramène le 75”, hurle un officier en civil, en référence au fourgon de police. Le groupe est embarqué manu militari.

Un photographe de l’agence ANADOULU qui prend des photos des interpellations est molesté par des policiers en civil qui tentent de lui arracher son appareil photo. «Tu sais très bien que c’est interdit de prendre des photos de policiers, lors des arrestations”, hurle un flic en civil.

Des balcons de l’immeuble où ont lieu les interpellations des habitants filment la scène avec leurs téléphones mobiles. Les policiers décident d’aller récupérer les portables: “tu ramènes ton téléphone tout de suite, si tu ne veux pas que je vienne te chercher”, vocifère un policier à l’adresse d’un homme posté sur son balcon et qui continue à filmer.

Un peu plus loin un petit groupe de femmes, drapeau national à la main, se rassemblent et scandent: “Algérie libre et démocratique”, rapidement entourés par des photographes et des preneurs d’images. “Mettez-les dans le cellulaire”, demande un officier. Le groupe est embarqué sans ménagement. Vers 10h30, les opérations de police étaient terminées. “Il reste encore 14 heures”, avertissait un policier en civil en référence à l’autre manifestation prévue après la prière du vendredi.