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22/01/2019 13h:38 CET | Actualisé 22/01/2019 13h:38 CET

Appel à M. Youssef Chahed : Abolissez l'homophobie coloniale au nom de la loi morale, civile et religieuse !

"J’appelle le chef du gouvernement à saisir cette occasion pour créer un tsunami mental dans le pays : abolir l’homophobie, non seulement au nom des droits de l’Homme, mais aussi d’une correcte lecture de l’islam qui n’est nullement homophobe."

ljubaphoto via Getty Images

Montaigne assurait que « Tout homme porte en lui la forme entière de l’humaine condition »; or, aujourd’hui, l’humaine condition en terre d’islam est incarnée par le différent absolu qu’est l’homosenuel.le (mon terme pour homosexuel.le), véritable chevalier de la postmodernité.

Aussi, en Tunisie où l’on quête la dignité citoyenne dans le cadre d’un État de droit, il est bien temps d’oser abolir l’homophobie du moment que la cause de son maintien a été pulvérisée par la démonstration de la légitimité de l’homosensualité (homosexualité) en islam.

Abolition fatale de l’homophobie 

C’est dans ce sens que se situe l’exhortation récente des députés européens qui viennent d’adresser une lettre ouverte aux autorités tunisiennes pour mettre fin « aux arrestations et à la torture des gays » en Tunisie.

D’ailleurs, le parlement européen avait déjà évoqué une elle nécessité d’abolition de l’homophobie depuis 2016 dans une fameuse résolution en date du 14 septembre 2016.

Au vrai, le moment présent n’a jamais été aussi propice à l’abolition de l’homophobie au Maghreb. Elle ne fait même plus l’ombre d’un doute, devenant fatale, au point que certaines voix, pour faire diversion, osent appeler à se limiter à l’interdiction du test anal; ce qui n’est qu’un piège, car cela reviendrait à pérenniser l’homophobie.

Par conséquent, il faut insister ici, au moment où de telles voix cryptohomophobes se font entendre au parlement, que l’interdiction juste du test anal ne suffira point à faire cesser le harcèlement des gays. On a bien vu des juges appliquer l’article 230 du Code pénal et condamner des innocents malgré un test anal négatif, se suffisant de leur orientation sexuelle.

Il importe de le dire et de le rappeler encore et encore,  haut et fort : la sortie de la tare de l’homophobie ne saurait se faire sérieusement que par l’abolition dudit scélérat article, cette survivance du protectorat, l’homophobie ayant été introduite par la colonisation en une Tunisie où le sexe a toujours été conforme à ce qu’il est dans la nature : bisexuel.

De plus, il faut le savoir et s’en convaincre : c’est rendre justice à l’islam tout autant qu’aux victimes de l’homophobie que de mettre hors la loi le sinistre article 230 du Code pénal.  

L’homophobie n’a rien d’islamique 

Le problème avec l’homosensualité (le terme à utiliser pour être plus près de la réalité sociologique, notre peuple étant sensuel) est qu’on relève d’un conformisme logique fait de fausseté et de mensonges; ainsi rares sont les justes de voix en la matière.

Il nous faut commencer par rappeler que la catégorisation homosexuelle est une création purement occidentale en sa modernité, car aussi bien en Grèce qu’en islam, les rapports de gens de même sexe étaient non seulement acceptés mais prisés. Car le sexe chez les Arabes, comme chez les Grecs, est total, holiste disent les sociologues. Cela amène logiquement à dire qu’il n’y a pas de minorité sexuelle en Tunisie puisque le sexe y est tout simplement interdit en dehors de la norme officielle du mariage; donc, c’est tout le peuple qui est une minorité sexuelle.

Voilà une vérité à rappeler. Une autre est que l’anathème jeté sur ce sexe particulier est judéo-chrétien ! Aussi, en islam aujourd’hui, on ne fait que suivre ce qu’a dit La Bible et non le Coran qui ne comprend aucun commandement y relatif. Pas plus dans Boukhari ou Mouslem, seules recensions véridiques, qui ne comportent aucun hadith authentique. Conséquemment, on ne peut plus douter que l’islam n’a jamais été homophobe; ce sont les musulmans qui le sont devenus en violation de leur foi tolérante et humaniste (8). Voilà ce que nos autorités se doivent de rappeler au service de la démocratie.

Un projet à la fois consensuel et radical a déjà été rendu public; or, s’il entre au parlement, il est assuré de passer, M. Ghannouchi s’étant engagé à le voter auprès de ses soutiens occidentaux. S’il ne le fait pas, son parti Ennahdha perdra tout crédit en Occident où il veut se faire passer pour une démocratie islamique.

Or, ce qui est désolant, c’est que les associations anti-homophobie négligent cet aspect essentiel des choses au nom de la laïcité, tombant ainsi dans le laïcisme en se privant de la meilleure arme pour faire voler en éclat le seul argument des homophobes, à savoir cette fausseté colportée sur l’islam. Ainsi deviennent-elles l’allié objectif des homophobes !

Il suffira de reprendre ledit texte, ou de s’en inspirer pour faire bouger les choses et sortir de l’impasse actuelle; l’essentiel étant de référer à l’islam, tout autant qu’aux principes juridiques, car c’est ce qu’impose la constitution qui stipule le respect des valeurs de l’islam.

Pour un coup de maître du chef du gouvernement

C’est ce que pourrait faire M. Youssef Chahed. En effet, dans le cadre de son action salutaire pour un pays de droit, se voulant réellement démocratique, j’appelle le chef du gouvernement à saisir cette occasion pour créer un tsunami mental dans le pays : abolir l’homophobie, non seulement au nom des droits de l’Homme, mais aussi d’une correcte lecture de l’islam qui n’est nullement homophobe.

Et cela ne sera que tout bénéfice pour M. Chahed et pour la patrie. Car si la présidence du gouvernement adoube le projet à elle soumis, il réussira un grand coup médiatique, en faisant le vrai champion des droits et des libertés, talon d’Achille de la transition démocratique.

Du coup, il occultera le bancal projet du président de la République sur l’égalité successorale, dont le tort est d’être bien moins au service des droits humains que des ambitions politiques.

Allez-y donc, M. Chahed, ne vous laissez pas influencer par les frileux et les pusillanimes; la société tunisienne est prête à un tel saut qualitatif pour la dignité humaine et le vivre-ensemble humaniste paisible ! Vous avez tout à gagner à abolir une injustice qui aidera à lever, au final, tous ces tabous qui défigurent l’islam ainsi que notre démocratie naissante !

Vous redonnerez aussi de l’espoir à une jeunesse plus que jamais brimées et désespérée; soyez donc son champion en étant celui des droits et des libertés, commençant par ce auquel nul autre n’ose faire encore: libérer la Tunisie et l’islam du crime homophobe au nom de la loi morale, aussi bien civile que religieuse !

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