ALGÉRIE
30/04/2019 16h:48 CET | Actualisé 30/04/2019 17h:00 CET

Appel à la création d’une Instance Nationale de Médiation

The Canadian Press

Un appel a été lancé sur les réseaux sociaux afin de mettre en place une instance nationale de médiation.Une vingtaine de signataires, journalistes, écrivais et intellectuels ont signé cette déclaration qui appelle entre autre à “sortir le pays de l’impasse”. 

Le HuffPost Algérie publie le texte intégral et la liste des signataires. 

Après plus de deux mois de manifestations du peuple algérien contre le régime actuel et pour l’instauration d’un régime démocratique dans notre pays, nous sommes forcés de constater qu’aucune démarche concertée entre les acteurs de l’événement historique qui se joue dans notre pays n’a pris corps en vue d’une solution de la crise, et notamment qu’aucun dialogue n’a encore lieu entre les autorités du pays et le mouvement populaire.

Pourtant les revendications du mouvement populaire sont claires. Elles se résument dans la volonté de mettre fin au régime de l’échec, de la faillite et de la corruption. De plus, elles sont portées, jour après jour, semaine après semaine, par millions, par la quasi-totalité de la population. La colère du peuple est immense, mais elle s’exprime sans aucune violence. Au contraire, il émane des participants à la révolution en cours, calme, maîtrise de soi, lucidité, civisme et bienveillance envers les autres, tous les autres.

En face, le régime, qui s’était engagé comme un seul homme dans l’aventure pathétique du 5ème mandat, semble aujourd’hui incapable de répondre à la situation. Jour après jour, semaine après semaine, il recule en manœuvrant, il manœuvre en reculant, mais sans parvenir à se rendre à l’évidence : que le 22 février, le peuple algérien a commencé une révolution, une révolution démocratique populaire pacifique de grande ampleur et de grande signification.

Aujourd’hui, il faut sortir le pays de l’impasse. Nous estimons que cela doit passer par le dialogue, un dialogue sincère entre le pouvoir et le peuple, un dialogue serein et constructif, animé par la volonté partagée par tous les patriotes de travailler au développement du pays et à l’épanouissement des Algériens et des Algériennes dans une société fondée sur les valeurs de liberté, de justice et de dignité.

C’est pour créer les conditions initiales d’un tel dialogue, qui permettra d’ouvrir la voie de la transition démocratique réclamée par les citoyens algériens et dont le pays a un besoin vital, que nous appelons à la création d’une Instance Nationale de Médiation qui aurait pour mission de proposer au pays, après consultations dans les plus brefs délais des différentes parties concernées, les modalités concrètes (objectifs, institutions, durée…) de la transition démocratique, elle-même à engager au plus tôt.

L’Instance Nationale de Médiation devra être composée de personnalités qui possèdent l’intégrité, les qualités morales et politiques, ainsi que la volonté nécessaire à l’accomplissement d’une telle mission, une mission patriotique de la plus haute importance puisqu’il s’agit de contribuer à sortir notre pays de l’impasse où il se trouve et de l’engager dans la voie de la construction résolue de l’Etat de droit et de la démocratie.

Premiers signataires :

Lynda Abbou 
Mohamed Achir 
Mouanis Bekari 
Nadjib Belhimer 
Akram Belkaid 
Brahim Benaouf
Redouane Boudjema 
Mahrez Bouich
Zhour Chenouf
Said Djaafer 
Raouf Farrah 
Azeddine Guerfi 
Ouheb Hamidi
Amin Khan 
Akram Kharief 
Abdelmoumen Khelil 
Mohamed Mehdi 
Aissa Merah 
Drifa Mezenner
Aissa Rahmoune 
Hakima Sbaihi 
Youcef Tahar