TUNISIE
11/03/2019 16h:48 CET

Appareil secret, "école coranique" de Regueb, décès de nouveaux-nés...: Béji Caid Essebsi demande des résultats

Le président de la République a demandé, en marge d'une réunion du conseil de sécurité nationale, des résultats à ses ministres.

Le conseil de sécurité nationale, présidé par le président de la République Béji Caid Essebsi a tenu, lundi, une réunion sur les dernières affaires touchant aux questions sécuritaires du pays.

L’appareil secret d’Ennahdha

Le président de la République est revenu au cours de cette réunion sur l’affaire de l’appareil secret d’Ennahdha, affirmant qu’ “en voyant tous les jours les gens parler dans les médias, documents à l’appui, cela devient une question de sécurité nationale, et il faut prendre une décision là-dessus”.

“Nous n’allons pas prendre une décision en parallèle de celle de la justice puisque la justice a déjà pris les choses en main mais (...) aujourd’hui la justice est visée. Les gens parlent dans les médias et disent du mal de la justice. Nous ne pouvons pas continuer de la sorte en montrant à l’opinion publique qu’il y a un problème. C’est une affaire sur laquelle il faut trancher” a-t-il appelé.

L’École coranique de Regueb

Revenant sur l’affaire de “l’école coranique” de Regueb, Béji Caid Essebsi affirme qu’il existe “un sentiment que la question a été oubliée et qu’on est vite passé à autre chose”.

“Cette affaire fait partie des prérogatives essentielles du conseil de sécurité nationale (...) ce qui s’est passé n’est pas normal! (...) Les enfants ont été emmenés dans un centre étatique puis restitués à leurs parents sur décision judiciaire, et c’est normal (...) Mais après? Qu’est ce qui a été fait? Rien, et ce n’est pas normal! Ça ne doit pas se passer ainsi, parce que c’est une question bien plus importante que toute les autres!” a-t-il fustigé.

“Vous savez qu’en politique, c’est la perception qui l’emporte. Aujourd’hui, pour les gens, le dossier est clos. Cela ne doit pas être le cas!” a prévenu Béji Caid Essebsi.

Le décès de 11 nouveaux-nés

Concernant le décès de 11 nouveaux-nés (et potentiellement un douzième dans les mêmes circonstances) dans des conditions suspectes dans un hôpital à Tunis, le président de la République a appelé à prendre toutes les dispositions pour soutenir socialement et psychologiquement les victimes.

“Je voudrais rendre mes respectueux hommages au ministre de la Santé qui a démissionné. C’est une décision de quelqu’un qui sait ce qu’est l’État. Il n’a aucune responsabilité directe mais il a vu que dans le cadre de ses responsabilités, sa démission a peut-être permis d’atténuer les tensions existantes” a affirmé Béji Caid Essebsi.

“Nous voulons que la Tunisie continue d’avancer, et elle n’est aucunement lié à des personnes quels qu’ils soient” dit-il évoquant la continuité de l’État.

“Nous avons un État qui a 3000 ans. Les Hommes passent, les gouvernements passent mais l’État reste” indique-t-il.

Le projet de loi sur l’état d’urgence

“J’ai fait partie des personnes qui ont demandé au chef du gouvernement d’arrêter cette loi sur l’état d’urgence, et c’est pourquoi nous avons fait un projet de loi qui a été étudié par le gouvernement qui l’a présenté à l’Assemblée des représentants du peuple” a indiqué le président de la République.

Il a affirmé être pour le moment obligé d’utiliser le décret “anticonstitutionnel” de 1978 pour “faciliter le travail du gouvernement mais il semble que cela n’a pas été compris”.

Revenant sur le projet de loi déposé par la présidence de la République, qui est revenu plusieurs fois aux services de la présidence pour des modifications, Béji Caid Essebsi met les députés en face de leurs responsabilités: “Si les députés de l’ARP pour des raisons qui leurs sont propres (...) ont des difficultés à adopter cette loi, à ce moment là, la responsabilité n’est plus celle du président de la République mais reste entre les mains du chef du gouvernement et l’ARP” a t-il déclaré. 

Le Décret n° 78-50 du 26 janvier 1978, réglementant l’état d’urgence, datant de l’ère Bourguiba, continue a être appliqué plus de 40 ans après son adoption.

Le projet de loi régissant l’état d’urgence a été présenté à l’Assemblée des représentant du peuple par la présidence de la République en novembre dernier. Certains articles ont été pointés du doigt en commission à l’ARP mais aussi par la société civile. 

Ainsi, Human Rights Watch avait déploré, en février dernier, les menaces engendrées sur les libertés individuelles par ce projet de loi, appelant l’ARP à “abandonner, ou revoir en profondeur” ledit projet “qui donnerait au gouvernement des prérogatives exorbitantes lui permettant de restreindre les droits lors des périodes d’état d’urgence”. 

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