ALGÉRIE
13/11/2018 13h:39 CET

APN: avis mitigés sur le PLF 2019, entre appui et critiques

APN

Les avis étaient mitigés lundi entre les présidents des groupes parlementaires à l’Assemblée populaire nationale (APN) concernant le projet de loi de finances (PLF) 2019. Certains ont appuyé le contenu tandis que d’autres l’ont critiqué.

A l’issue des séances plénières consacrées, deux jours durant, à l’examen du PLF 2019 en présence du ministre des Finances, Abderrahmane Raouia, et des membres du gouvernement, le président du groupe du parti du Front de Libération nationale (FLN), Mohamed Bouabdallah, a estimé que “le projet de loi s’inscrit dans le cadre d’une approche globale visant à préserver la dynamique de développement sur différents plans et à garantir la stabilité des indicateurs macroéconomiques du pays ainsi que les équilibres financiers nécessaires à la pérennité du développement”.

“Le PLF 2019 ne prévoit pas d’augmentation des impôts, mais des mesures qui renforcent le pouvoir d’achat des citoyens, ce qui renforcera le caractère social de l’Etat, garantira la stabilité sociale et renforcera la relation entre le citoyen et son Etat”, a-t-il soutenu.

Le président du groupe parlementaire du Rassemblement national démocratique (RND), Fouad Benmerabet, a, de son côté, souligné que son parti était soucieux “d’enrichir le projet de loi au service des intérêts des citoyens et pour préserver le pouvoir d’achat, notamment des personnes à faibles revenus sans pour autant s’opposer à l’intérêt suprême du pays”.

Pour sa part, le président du groupe parlementaire du Mouvement populaire algérien (MPA), Hadj Cheikh Barbara, a appelé à la “nécessité d’étudier méticuleusement la question des subventions sociales afin de destiner les transferts sociaux aux vrais nécessiteux”.

De son côté, le président du groupe parlementaire des Indépendants, Lamine Osmani, a estimé que le PLF 2019 n’est “qu’une copie conforme” du PLF 2018, ajoutant que “ce texte n’a apporté aucune nouveauté en matière de diversification de l’économie hors hydrocarbures et le développement des secteurs névralgiques, à l’instar des énergies renouvelables et du tourisme.

A cette occasion, M. Osmani a salué la décision de lever le gel sur les projets de développement dans les secteurs sensibles tel que la santé et l’éducation.

Par ailleurs, Ramdane Taazibt, président du groupe parlementaire du parti des travailleurs (PT), a fait état de la hausse du taux de chômage au moment où le gouvernement proposait seulement la création de 18.000 postes durant 2019, mettant en garde contre les tensions sociales et l’érosion du pouvoir d’achat du citoyen.

M. Taazibt a estimé que le PLF n’a pas donné des solutions à la situation actuelle sur le plan socio-économique, à l’instar de la lutte contre la fraude fiscale, le chômage, le marché parallèle et la corruption, fustigeant, en revanche, le recours du gouvernement au Fonds national d’investissement pour appuyer la Caisse national des retraites (CNR).

Il a appelé par ailleurs à l’impératif de respecter les dispositions constitutionnelles et les lois notamment ce qui a trait à la liberté d’expression et au droit de manifester, exhortant la nécessité de trouver une alternative au financement non conventionnel.

Pour sa part, Slimane Chenine, président du groupe parlementaire de l’Union Nahda-Adala-Bina, a affirmé que le PLF n’a pas apporté “du nouveau” pour diversifier l’économie nationale et sortir de la dépendance aux hydrocarbures.

Pour le président de groupe parlementaire du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Ahmed Sadouk, le texte qui n’a pas compris des procédures solides pour remédier aux problèmes fait toujours recours à trois ressources  fragiles pour financer le budget, lesquelles sont incapables de répondre aux aspirations ni de faire face aux défis.

Le représentant du MSP a estimé que le recours excessif au financement non conventionnel avait dépassé grandement le seuil fixé par le Gouvernement avec plus de 3.500 milliards DA imprimés après une année de son adoption, appelant à la création d’une instance de contrôle relevant de l’APN au lieu d’une instance administrative pour assurer la transparence.

Concernant l’investissement, le président du groupe MSP a indiqué que le climat des affaires “n’est pas encouragent”, déplorant outre  le système banquier traditionnel qui dépend toujours du Trésor public au lieu des épargnes, l’absence de la transparence et la dominance de la bureaucratie administrative ainsi que l’inégalité des chances entre les investisseurs.

De son côté, le président du groupe parlementaire du Front Al-Moustakbal, Alhadj Belghouthi, a mis en garde contre l’inflation et  les conséquences du financement non conventionnel, s’interrogeant, à ce propos, sur les mécanismes de contrôle de l’opération d’impression. Il a appelé, également, à l’élaboration d’un fichier national pour les catégories vulnérables avec l’implication des collectivités locales.