ALGÉRIE
25/06/2018 12h:32 CET | Actualisé 25/06/2018 13h:22 CET

AP publie une enquête sur les 13000 migrants que l'Algérie a "abandonné dans le désert"

Capture decran

L’agence américaine Associated Press a publié lundi 25 juin une enquête sur “le traitement” que l’Algérie réserve aux migrants subsahariens, dont “l’expulsion” et “l’abandon” en plein désert, donnant une visibilité mondiale à des cas rapportées par la presse locale depuis longtemps et mettant plus de pression sur les autorités.

Même si l’ONU a récemment demander à l’Algérie de cesser les expulsions, les autorités algériennes ont jusqu’ici relativement réussi à empêcher l’internationalisation de cette affaire. Mais ce lundi matin, la plupart des grandes publications ont repris les informations publiées par l’Associated Press notamment les expulsions estimées à plus de 13 000 cas sur les 14 derniers mois.

Témoignages, photos et vidéos à l’appui, l’enquête raconte “les souffrances” endurées par les migrants subsahariens arrêtées par les autorités algériennes et “abandonnés à la frontière avec le Niger dans leur majorité”. Des survivants interrogés par l’Agence américaine ont affirmé que beaucoup ont péri en essayant de traverser le no-man’s-land jusqu’à la petite ville d’Assamaka à 15 kilomètres de la frontière. 

Kamara, une migrante libérienne, a donné un témoignage particulièrement bouleversant. Elle était enceinte durant la traversée et elle a donné naissance à un mort-né. 

“J’ai perdu mon fils, mon enfant”, a-t-elle indiqué à AP.

Aliou Kande, un migrant sénégalais, a raconté comment lui et son groupe se sont perdus et ont erré pendant 11 heures dans le désert après avoir été expulsé.

Deux autres migrants ont affirmé que “des gendarmes ont ouvert le feu pour obliger des groupes à marcher”. 

L’agence a aussi obtenu des vidéos filmées par les migrants pendant leur calvaire. 

 

 

Certaines images ont été filmées par Ju Dennis, un migrant libérien. “Je veux les les mettre à nu... Nous sommes ici, nous avons vu ce qu’ils ont fait et nous avons des preuves”, a-t-il déclaré.

Selon toujours l’Agence Associated Press, les autorités algériennes ont refusé de commenter les révélations de leur enquête. Les tentatives du HuffPost Algérie de joindre le ministère des Affaires étrangères sont restées sans réponse.