MAROC
24/03/2019 09h:29 CET

FICAM 2019: "Another day of life", quand le documentaire se met au service de l'animation

Le film, projeté hors compétition au festival de Meknès, mêle images d'animation et séquences documentaires.

Copyright Kanaki Films

FICAM - Ce samedi 23 mars, le Festival international de cinéma d’animation de Meknès (FICAM) présentait “Another day of life” (à ne pas confondre avec “Another day of sun” de la B.O de “La La land”), des réalisateurs polonais Damien Nenow et espagnol Raul de la Fuente. Le long métrage, qui mêle animation et séquences documentaires, est une adaptation du livre de Ryszard Kapuscinski, d’“Une guerre à l’autre”, dans lequel ce dernier raconte le début de la guerre d’indépendance en Angola.

La trame se déroule en 1975, à la veille de la déclaration d’indépendance de cette dernière colonie d’Afrique. Alors que les colons portugais quittent à la hâte le pays, les prémices de la guerre civile apparaissent. Une guerre qui durera de 1975 à 2002 et fera plus de 500.000 morts.

Dans ce conflit, deux factions s’opposent: le MPLA socialiste, soutenu par Cuba, et les UNITA, “capitalistes” soutenus par l’Afrique du Sud et les Etats-Unis.

C’est dans ce chaos, surnommé “confusao” par les locaux, que l’on rencontre le personnage principal du film, Ryszard Kapuscinski, alias Ricardo, correspondant polonais en Angola.

Ce dernier tente désespérément d’atteindre le sud du pays pour interviewer une figure du MPLA, un Portugais ayant changé de camp, choisissant de combattre avec les Angolais contre les colons.

Commence alors un périple de tous les dangers pour Ricardo et ses camarades. Un récit ponctué par des séquences documentaires, faisant témoigner des personnages du film d’animation, dans l’Angola ou le Portugal contemporain. 

La fascination, voire l’obsession de Ricardo pour la guerre le pousse à risquer sa vie et celle des autres pour s’approcher le plus possible du front.

“Another day of life”, au delà de faire découvrir un pan peu connu de la guerre froide, interroge également sur la place du journaliste et son intégrité, dans un terrain de guerre où sa simple présence peut changer le cours des évènements.

En effet, si Ricardo reste moins engagé dans le conflit que son ami Arthur, qui se décrit lui-même comme un journaliste et militant du MPLA, il n’y a pas de doute sur le côté vers lequel sa sympathie penche, même si ce dernier évoque rapidement les exactions commises par les deux factions.  

Un film qui ne cache pas son admiration pour son protagoniste, au point de ne pas assez s’interroger sur le bienfait de ses actions.

Présenté hors compétition, “Another day of life″ est le fruit du travail d’une équipe internationale composée de plus de 200 graphistes et animateurs, explique le FICAM.