MAROC
03/12/2018 17h:40 CET

Amnesty International plaide pour la figure du Hirak, Nawal Benaissa

À quelques jours de son procès, l'ONG demande "la fin du harcèlement et de l'intimidation" de la militante.

Getty Editorial

CAMPAGNE - Elles sont femmes, viennent des quatre coins du monde et prennent tous les risques, parfois au péril de leur vie, pour défendre les droits humains dans leurs pays respectifs. Depuis le 1er décembre, Amnesty International lance une campagne intitulée “10 jours pour signer”, en soutien au combat de ces femmes marocaine, iranienne, égyptienne, entre autres. Parmi elles, Nawal Benaissa, figure féminine du Hirak, mouvement de protestation né dans le Rif. 

On ne présente plus cette Marocaine de 37 ans dont le portrait a fait le tour des médias internationaux. Vue par les sympathisants du mouvement comme la relève de Nasser Zefzafi qu’elle a activement soutenu, et ce même après sa condamnation à vingt ans de prison, Nawal Beinaissa est l’une des figures de proue du Hirak. Elle a été placée en détention à quatre reprises en quatre mois pour des messages postés entre juin et août 2017 sur Facebook, où elle compte près de 80.000 fans, et pour avoir manifesté au côté du leader du Hirak. 

“Quand Nasser Zefzafi et d’autres militants ont commencé à se rassembler et à créer le mouvement Hirak, j’ai ressenti le besoin de faire entendre ma voix. J’ai quitté ma cuisine pour descendre dans la rue afin de demander que les droits universels soient respectés”, avait-elle raconté à Amnesty International.

Le 15 février 2018, elle a été condamnée à dix mois de prison avec sursis et à une amende pour “incitation à commettre des infractions pénales”, “participation à une manifestation non autorisée” et “insulte aux agents de la force publique”. Malgré ses quatre arrestations entre juin et septembre 2017, Benaissa est pourtant restée en état de liberté en attendant son nouveau procès, déjà reporté à deux reprises et qui devrait avoir lieu à la mi-décembre. En attendant le verdict, sous surveillance et pressions de la part des autorités selon Amnesty international, elle aurait déménagé dans une autre ville. 

Le 17 octobre dernier, Amesty International avait déjà appelé à abandonner toutes les poursuites contre cette “défenseure des droits humains”. Pour l’organisation, Nawal est une “manifestante pacifique” qui a été victime “d’actes d’intimidation et de manœuvres de harcèlement répétés”.

À travers cette nouvelle campagne, l’ONG demande ainsi “la fin du harcèlement et de l’intimidation à l’encontre de Nawal et de sa famille et la modification de la législation qui criminalise l’exercice du droit à la liberté d’expression et de réunion”.