TUNISIE
04/04/2019 14h:57 CET | Actualisé 04/04/2019 14h:58 CET

Amnesty International : Non à l'impunité des forces de l'ordre en Tunisie

“Les autorités tunisiennes doivent absolument réformer les forces de sécurité du pays pour mettre fin à l’impunité dont jouissent les policiers responsables de graves violations."

HATEM SALHI via Getty Images

Dans un document rendu public le 4 avril 2019, intitulé Tunisie. Quand fuir la police peut être mortel, Amnesty International tente de mettre le doigt sur l’impunité des forces de sécurité et des forces de l’ordre en Tunisie à travers la présentation de quatre cas de violations commises par les policiers, dont deux causant des morts, et qui sont restés impunis.

Amnesty International souligne que “les autorités tunisiennes doivent absolument réformer les forces de sécurité du pays pour mettre fin à l’impunité dont jouissent les policiers responsables de graves violations, y compris d’homicides illégaux, d’actes de torture et d’autres mauvais traitements”

Parmi ces cas, on retrouve l’histoire de Omar Labidi, 19 ans, mort noyé le 31 mars 2018 après avoir été pris en chasse, à la sortie d’un stade de football, par des policiers qui l’ont poussé dans un cours d’eau – ils n’ont tenu aucun compte du fait qu’il leur a dit ne pas savoir nager.

L’autre cas mortel est celui d’Ayman Othmani, 19 ans, qui a été abattu par des agents de la douane lors d’une opération menée contre un entrepôt à Tunis, en octobre 2018.

Les deux autres cas sont des passages à tabac, Aly et Youssef Bouzwida, qui ont été frappés par des policiers à la suite d’un match de basket-ball à Radès, dans la banlieue sud de Tunis, en mai 2018, et le même mois, un autre jeune homme de 19 ans, Iheb, a été violemment frappé en détention et gravement blessé après son arrestation à la sortie d’un match de football.

Une caractéristique relie ces quatres cas entre eux, il n’y a pas eu d’enquête judiciaire sérieuse à leur sujet. Dans la grande majorité des cas, les enquêtes impliquant en tant que suspects des membres des forces de sécurité ne donnent pas lieu à des poursuites judiciaires aboutissant à la condamnation des auteurs de violations.

La multiplicité de ces cas a poussé Magdalena Mughrabi, directrice adjointe d’Amnesty International pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient à s’exprimer sur le sujet : “Les violences policières et les autres abus commis par la police restent impunis depuis beaucoup trop longtemps.

Ces quatre cas sont représentatifs de l’impunité dont jouissent souvent les forces de sécurité. Il est grand temps que le gouvernement tunisien reconnaisse que le fait de mettre à l’abri de la justice les auteurs de violences policières et d’empêcher les enquêtes de progresser ne fait que perpétuer le cercle vicieux des violations des droits humains.

Les autorités tunisiennes doivent opérer une réforme fondamentale de la police et des services de sécurité pour les mettre en conformité avec le droit international relatif aux droits humains et les normes connexes.

Faute d’enquêtes indépendantes et impartiales sur les violations des droits humains commises par les forces de sécurité, des centaines de victimes de tels agissements dans toute la Tunisie vont continuer d’être privées de justice.”

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