TUNISIE
03/02/2019 16h:13 CET | Actualisé 03/02/2019 16h:27 CET

Enquête sur des agressions sexuelles dans une école coranique: Amnesty International appelle à remettre les enfants à leurs parents

L’école faisait l’objet, selon le gouverneur, d’une décision de fermeture, depuis une longue période.

AHMAD AL-RUBAYE via Getty Images
Image d'illustration

ENQUÊTE - Amnesty International a appelé samedi les autorités tunisiennes à remettre 42 enfants de l’école coranique de la ville de Regueb dans le gouvernorat de Sidi Bouzid, transférés vers un centre d’accueil pour mineurs au sud de la capitale, à leurs parents immédiatement.

De son côté, le ministère de la femme, des enfants et des personnes âgées a indiqué que le dossier de ces enfants est actuellement en cours d’instruction par le pouvoir judiciaire.

Amnesty International a demandé, sur sa page Facebook officielle, aux autorités tunisiennes “au cas où des considérations sérieuses rendent nécessaires la garde à vue des enfants de transmettre de toute urgence le dossier au juge de la famille et de permettre aux parents de les visiter”, en soulignant l’importance de veiller au respect des droits de l’enfant et le principe de son intérêt supérieur”.

L’organisation s’est déclarée “profondément préoccupée par les témoignages d’enfants qui ont contacté leurs parents au téléphone sur un examen anal dans le cadre de l’enquête sur des soupçons d’agressions sexuelles”, soulignant que cette pratique “est extrêmement dangereuse et constitue une violation flagrante des obligations qui incombent à la Tunisie au regard de la convention internationale des droits de l’enfant”.

L’organisation de défense des droits de l’homme a également indiqué qu’elle avait appris que les forces de sécurité avaient fait irruption dans l’école et avaient arrêté toutes les personnes présentes, dont 42 enfants, transférés à Tunis le jeudi 31 janvier, sans autorisation, connaissance ou accompagnement de leurs parents et ont obtenu leurs témoignages sans le respect des garanties et procédures préventives énoncées par la Convention des droits de l’enfant et le Code de protection de l’enfant”.

Dans le même contexte, Amnesty a relevé que les parents de ces enfants n’ont pas encore été autorisés à les rencontrer dans un centre de détention pour mineurs du sud de la capitale, sans encadrement du juge de la famille et sans informer les parents.

De son côté, le ministère de la Femme, de la Famille, de l’Enfance et des Personnes Agées a fait savoir, dans un communiqué publié samedi soir, que les enfants font l’objet d’un encadrement médical, psychologique et social nécessaire dispensé par des spécialistes et des cadres pédagogiques, ainsi qu’une inspection directe par le représentant de la protection de l’enfance.

Elle a également signalé que des enfants avaient été maintenus en contact avec leurs parents.

Les autorités locales à Regueb, appuyées par une brigade spéciale dépêchée de la capitale, avaient procédé, jeudi, à la fermeture de l’école coranique et à l’interpellation de son directeur et de plusieurs de ses élèves, avait déclaré le gouverneur de Sidi Bouzid, Anis Dhifallah. Des livres religieux et des ordinateurs ont été saisis, à l’intérieur de l’établissement.

L’école faisait l’objet, selon le gouverneur, d’une décision de fermeture, depuis une longue période, pour non respect des modalités d’exercice de ce type d’activité, décision qui n’avait pas eu de suite.

De son côté, le ministre des Affaires religieuses, Ahmed Adhoum, dans une déclaration à Mosaique FM en marge d’une conférence de presse, a affirmé que le ministère n’a aucune responsabilité ni pouvoir sur les écoles coraniques, indiquant que celles-ci opèrent dans le cadre associatif et sont soumises au décret-loi portant organisation des associations.

Adhoum a par ailleurs expliqué que seuls les “kottabs” se trouvent sous la responsabilité du ministère.

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