MAROC
28/06/2018 15h:05 CET

Amnesty international condamne le verdict prononcé à l'encontre des prisonniers du Hirak

L'ONG dénonce des "procès iniques".

Marcos del Mazo via Getty Images

HIRAK - Après Reporters sans frontières, c’est au tour d’Amnesty International de condamner les jugement prononcés à l’encontre de détenus du Hirak, dont le “leader” du mouvement Nasser Zefzafi.

Dans un communiqué publié le 27 juin, l’ONG appelle à l’annulation des jugements rendus à l’issue de ce qu’elle qualifie comme étant des “procès iniques”. “Ces condamnations sont ternies par le caractère extrêmement inique des procès”, a déclaré Heba Morayef, directrice du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International, reprise par le communiqué.

Pour cette dernière, “Nasser Zefzafi, ainsi que les personnes déclarées coupables et emprisonnées pour avoir manifesté pacifiquement en faveur de la justice sociale ou avoir relayé les manifestations sur les réseaux sociaux, n’auraient jamais dû comparaître en justice. Nasser Zefzafi doit être libéré et sa condamnation doit être annulée”.

L’ONG dénonce également les aveux “présentés à titre de preuves” des accusés “extorqués sous la contrainte”. Ces derniers font ainsi allusion à l’expertise médicale effectuée par le CNDH auprès de détenus dans le cadre des événements du Rif.

Amnesty International rejoint ainsi plusieurs autres ONG locales et internationales à avoir dénoncé l’issue du “procès du Hirak”. Quelques heures après le verdict, Reporters sans frontières déplorait “ces peines de prison d’une extrême sévérité prononcées contre des journalistes-citoyens qui n’ont fait qu’exercer leur droit à informer sur un mouvement social qui a secoué leur pays”, en référence à la condamnation de 6 journalistes-militants allant de cinq à deux ans de prison ferme. Le Mouvement Anfass Démocratique appelle pour sa part les parlementaires à adopter la loi d’amnistie au profit des détenus, tandis que l’AMDH dénonce un “simulacre de justice”, voire une “régression du pays et la continuation de la dictature et des années de plomb”, via la voix de son ancienne présidente, Khadija Ryadi.

Le procès en appel est désormais attendu en septembre, comme le déclare au HuffPost Maroc l’avocat Abdelkarim Elmoussaoui, membre du comité de défense des détenus du Hirak du Rif.