MAROC
08/11/2019 13h:55 CET

Amnesty déplore le discours du gouvernement français sur le voile et la radicalisation

"Amnesty appelle les autorités françaises à prendre leurs responsabilités et à mettre en place de véritables politiques ciblées de lutte contre les discriminations".

RAPPORT - Un “climat d’hostilité” et des “discours discriminatoires”. Amnesty international France (AIF) s’insurge dans un communiqué publié ce vendredi 8 novembre contre la façon dont sont traitées les personnes musulmanes. L’association cible notamment les déclarations politiques -y compris celles venant du gouvernement français-, la polémique sur le port du voile en sortie scolaire et l’attaque de la mosquée de Bayonne. 

“Ces dernières semaines, en France, ont été marquées par un climat particulièrement hostile et par des discours discriminatoires à l’égard des personnes musulmanes. Ces tensions ont atteint un point culminant avec la récente attaque d’une mosquée à Bayonne, où deux personnes ont été grièvement blessées”, commence ainsi le communiqué

Amnesty condamne la proposition de loi sur le voile

Sont ensuite énumérées les différentes déclarations politiques faites à ce sujet ces dernières semaines, notamment la “fiche de remontée des signaux faibles” évoquée par Christophe Castaner, les propos de Julien Odoul auprès d’une mère voilée lors d’une sortie scolaire et les déclarations politiques qui en ont découlé. Amnesty condamne également le vote par le sénat d’une proposition de loi visant à exclure des sorties scolaires les personnes qui portent “des signes religieux ostensibles”

“AIF condamne sans réserve cette proposition de loi. Si elle venait à entrer en vigueur, une telle interdiction serait contraire au droit international relatif aux droits humains, qui prévoit que toute personne doit pouvoir manifester librement sa religion”, est-il expliqué dans le communiqué.

 

Ne pas “encourager les actes stigmatisants”

L’organisation demande, ensuite, que les “autorités françaises veillent à ce que les personnes musulmanes ne soient pas présentées comme un groupe suspect en pointant la pratique d’une religion, pourtant protégée par la loi, comme un risque sécuritaire”. Car “un tel discours fait peser sur les personnes visées un sentiment de suspicion et de rejet. Surtout, il encourage la montée d’actes stigmatisants ou discriminatoires et les violations de leurs droits fondamentaux”.

“Dans ce contexte délétère, les responsables politiques français, à l’échelle nationale et locale, doivent s’abstenir de tenir des propos qui stigmatisent les personnes musulmanes. Au contraire, leur devoir est de garantir la protection des personnes contre toutes formes de discrimination dans tous les domaines, y compris celles liées à la religion ou aux convictions.

 AIF appelle les autorités françaises à prendre leurs responsabilités et à mettre en place de véritables politiques ciblées de lutte contre les discriminations et contre les propos d’incitation à la discrimination, l’hostilité ou la violence envers les personnes musulmanes.”

Cet article a été initialement publié sur le HuffPost France.