MAROC
06/09/2018 19h:06 CET

Amine Bendriouich parmi les 100 créatifs les plus influents, selon Vogue US

Le Marocain s'est fait connaître en 2008 pour sa collection “Hmar ou bikhir”.

MODE - Avec une approche genre unique et un style aux multiple références berbères, Amine Bendriouich est loin d’être un inconnu dans le milieu de la mode. Lauréat du prix OpenMyMed en 2017, finaliste au DDFC Fashion Prize à Dubaï en 2015, le jeune marrakchi a gagné la reconnaissance de ses pairs et multiplie les parutions dans les magazines.

Repéré notamment par les versions italienne et Moyen-Orient du célèbre magazine papier glacé du groupe Condé Nast, le designer a décroché la consécration suprême pour tout créateur de mode en s’offrant une parution sur le site américain du Vogue. Le jeune marocain figure ainsi parmi les 100 créatifs les plus influents et révolutionnaires de la mode indépendante et du street style.

À cette occasion, Vogue publie son site web un portrait pour le moins élogieux du jeune styliste, artiste et designer faisant partie de la nouvelle génération de créateurs marocains. “C’est un rêve d’enfant devenu réalité”, dit-il sur son compte Instagram.

Depuis son Marrakech natal, Amine Bendriouich, fondateur de la marque Amine Bendriouich Couture & Bullshit (AB-CB), collabore avec les artisans locaux pour créer un vestiaire unisexe ultra-coloré qui semble échapper à toutes les règles. Dans son interview, le jeune créateur qui s’est notamment fait connaître du grand public en 2008 pour sa collection de t-shirts “Hmar ou bikhir”, à travers laquelle il s’était amusé à détourner les logos de grandes marques, revient sur son enfance modeste et ses débuts créatifs. 

“Lorsque j’étais enfant, j’étais pauvre et je ne pouvais pas inviter les filles à sortir. Alors pour les impressionner, je leur dessinais des collections personnalisées... Je regardais leur physique, leur couleur de cheveux, la musique qu’elles écoutaient, et j’imaginais un vêtement”, se souvient-il.

Plus tard, Amine fabriquera ses propres vêtements. Mais ce n’est pas seulement pour épater la galerie que le marrakchi s’est lancé dans le design. Motivé par le désir de créer des vêtements unisexes afin de pouvoir porter toutes ses créations, jupes comprises, le jeune homme cherchait également a élargir sa garde robe quelque peu limitée.

Mes parents m’achetaient de vêtements à la rentrée scolaire et le gilet religieux pour Ramadan, je n’avais pas le choix”

Le créateur revient également sur sa volonté de créer des collections unisexes, qui s’adressent “aux esprits libres qui voient le monde comme une unité”. Il évoque une histoire, qui proviendrait de la Sunna (texte racontant des faits de la vie du prophète Mohamed) et qui parle “d’un homme et une femme si pauvres qu’ils n’avaient qu’un seul vêtement. Quand le mari partait à la mosquée, sa femme restait nue à la maison jusqu’à son retour. Ensuite, elle se rendait à la mosquée avec ce même bout de tissu. Le prophète n’avait pas été choqué par le fait que cet homme portait le même habit que sa femme. Il était toutefois triste de voir ce couple dans une telle situation...”, raconte Amine Bendriouich. 

Ce que les gens portaient n’avait pas d’importance à l’époque, alors pourquoi cela en aurait-il aujourd’hui?”, s’interroge le jeune homme.

Une nouvelle consécration qui ne fait qu’asseoir la notoriété de l’artiste sur la scène internationale.