08/06/2018 16h:08 CET | Actualisé 08/06/2018 16h:08 CET

Amendement de la loi de finances: l'Istiqlal accuse le gouvernement "d'ignorer la loi"

Et tacle "l’absence d’homogénéité au sein de la majorité".

Parti de lIstiqlal

PARTIS - Un dérapage de plus? Pour les députés du parti de l’Istiqlal (PI), il ne fait aucun doute que le gouvernement en a bien commis un nouveau lorsqu’il a estimé, par la voix de son porte-parole, Mustapha El Khalfi, que le mémorandum du PI appelant à rectifier de la loi de finances est “insuffisant”. Ce que le gouvernement avait reproché au document des députés de l’Istiqlal, quelques jours après sa publication, c’est de n’avoir pas été formulé correctement, légitimant son écartement de prime abord de la table des discussions au sein du gouvernement.  

“Nous avons réagi à cela. Le problème du gouvernement, c’est son ignorance de la loi”, déclare au HuffPost Maroc le président du groupe parlementaire du PI à la Chambre des représentants, Noureddine Moudiane. Et de souligner que la constitution et la loi organique relative à la loi de finances donnent uniquement au gouvernement le droit de procéder à cette rectification. Pour cela, une procédure articulée autour de mesures urgentes limite l’intégration des rectificatifs à une durée de 15 jours maximum. “C’est donc une question d’habilitation dont seul le gouvernement dispose légalement”, ajoute Moudiane.

Adressé au chef du gouvernement le 28 mai dernier, le mémorandum des députés du PI propose des mesures liées essentiellement à l’emploi, aux salaires et au pouvoir d’achat. “Nous avons entrepris cette initiative dans le cadre légal normal qu’elle devait avoir et dans le but de réagir à la tension sociale qui sévit en ce moment, notamment suite à la campagne de boycott”, tient-il à préciser. Et de souligner que les mesures proposées dans le mémorandum représentent “des solutions d’urgence simples” permettant au PI de jouer son rôle: “une opposition constructive”.

L’annonce faite par le gouvernement de réviser les prix du carburant pour fixer des plafonds montre, pour Noureddine Moudiane, que “le gouvernement accorde de l’intérêt au mémorandum”. Ce document recommande une flexibilité des prix par la mise en place d’un système de calcul des taxes intérieures de consommation sur l’importation des hydrocarbures, assujetti au niveau des cours internationaux des produits pétroliers. Il propose dans ce cadre une taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP) flottante permettant d’alléger l’impact de la hausse des cours internationaux sur le pouvoir d’achat des citoyens.

Mais le PI doute que son mémorandum ait l’impact escompté au sein du gouvernement. Et pour cause, Moudiane met le doigt sur “l’absence d’homogénéité au sein de la majorité”, estimant que le chef du gouvernement se devait de tenir une réunion avec son équipe pour l’étude de ce mémorandum. “Mais il ne l’a pas fait, par manque de cohérence au sein de la majorité... Il semble qu’il soit plus disposé à débattre des déclarations de ses ministres que de questions cruciales visant à désamorcer la crise sociale”.