MAGHREB
17/02/2015 13h:00 CET | Actualisé 17/02/2015 13h:01 CET

Attaque de l'ambassade américaine à Tunis: Le verdict attendu ce soir

AFP

La Cour d'appel de Tunis, après une brève audience, doit rendre tard mardi soir son verdict dans le procès d'assaillants présumés de l'ambassade américaine en septembre 2012, un procès attendu de longue date.

"Nous espérons une décision équitable", a déclaré l'avocat de la défense Anouar Ouled Ali, estimant que la décision lui serait communiquée dans la soirée ou la nuit. L'avocat a demandé l'abandon de toutes les poursuites, alors que ses clients risquent de très lourdes peines.

Seuls six des 20 accusés se sont présentés à cette audience attendue depuis mai 2013 et la condamnation des prévenus à des peines avec sursis en première instance, un jugement qui avait été vivement dénoncé pour sa clémence par les Etats-Unis, ainsi que par le gouvernement tunisien.

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Les prévenus présents ont tous nié avoir participé à l'attaque de l'ambassade américaine par une foule de manifestants pro-islamiste dénonçant la diffusion d'un film islamophobe sur internet. Les quatorze autres accusés sont jugés par contumace.

"Ce jour-là j'étais en train de vendre des légumes près de la mosquée derrière l'ambassade. Vers 13H30 j'ai entendu des tirs, je suis allé voir ce qu'il se passait", a raconté le prévenu Raouf Hsine.

"Jamais je n'ai jeté de pierres, insulté la police", a-t-il assuré, affirmant qu'il n'avait fait que ramasser une médaille américaine tombée des mains d'un pilleur.

Un autre, Bilal Ben Oun a lui assuré avoir été arrêté alors qu'il retournait sur son lieu de travail. "Je n'ai jamais approché l'ambassade, mes (premiers aveux) ont été faits sous pression de la police", a-t-il dit.

Le parquet ne s'exprimant pas lors des procès en Tunisie, ni le contenu du dossier de l'accusation, ni le réquisitoire ne sont connus du public.

Quatre manifestants ont été tués lors des affrontements avec la police devant l'ambassade.

Le gouvernement tunisien, dirigé à l'époque par le mouvement islamiste Ennahdha, a été accusé à l'époque d'avoir fait preuve de laxisme voire de complicité avec les manifestants, thèse reprise mercredi par la défense pour qui les accusés sont des boucs émissaires.

"Il y avait une complicité (des autorités) dans cette affaire (...) Pourquoi n'ont-elles pas déployé un nombre suffisant de policiers pour empêcher les manifestants de se diriger vers l'ambassade ?", a notamment martelé Me Ouled Ali durant l'audience.

Des centaines de manifestants, dont certains brandissant des bannières de mouvements salafistes, des pierres et des objets tranchants ou contondants, avaient pu rejoindre l'ambassade à pied où seul un dispositif de sécurité minimal était en place. Celui-ci avait été rapidement débordé.

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