MAROC
04/03/2016 06h:40 CET | Actualisé 04/03/2016 06h:41 CET

Hakima El Haité: "Les changements climatiques n'ont pas de religion ni de nationalité"

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Hakima El Haité:

ENVIRONNEMENT - Jeudi 3 mars, une table-ronde sur la COP 22 s'est tenue au siège de l'institut Amadeus. Entre autres participants à la table-ronde, la ministre de l'Environnement Hakima El Haité et l'ambassadeur-négociateur de la COP 22 Aziz Mekouar y ont livré leurs points de vue sur les changements climatiques et environnementaux, ainsi que les perspectives ouvertes par la COP 21 et ce à quoi la COP 22 devra s'atteler.

"Le Maroc prépare un événement historique. Entre 25.000 et 30.000 participants du monde entier sont attendus", a rappelé la ministre. Cependant, "il faut désévenementiser la COP 22", a estimé le président de l'institut Amadeus Brahim Fassi-Fihri. Un avis partagé par Hakima El Haité, qui considère que "la COP 22 n'est pas un 'event', c'est un processus. Des gens ont négocié pendant 21 ans pour parvenir à un accord. C'est donc un processus qui a évolué."

"La géopolitique mondiale est en train de changer, et donc les manières de faire une COP aussi", estime Hakima El Haité, qui avance que "la lutte contre le changement climatique commence par l'Afrique."

"Une COP de l'action"

Car "aujourd'hui, l'Afrique constitue le réservoir de la neutralité carbone. Les pays du nord ont compris qu'ils ont besoin de pays comme les nôtres, qui peuvent se développer autrement". Cette COP constitue donc "une chance pour nous développer, pour développer l'Afrique dans le respect de l'environnement", toujours selon la ministre.

Maintenant que les pays développés commencent à vivre la pollution dans leur quotidien, la conception commune du changement climatique commence à évoluer. Ainsi, l'on se rend progressivement compte que "les changements climatiques n'ont pas de religion ni de nationalité. Ils concernent tout le monde. La situation est telle qu'aujourd'hui, tout le monde doit se mobiliser, et qu'il faudra que nous construisions, ensemble, un environnement durable", indique la ministre.

La ministre a également mis l'emphase sur le fait que "l'accord de Paris est un texte transformationnel", qui nécessitera plusieurs changements structurels, de "l'industrie à la manière dont nous construisons nos maisons."

Quelle articulation, donc, pourrait-il y avoir entre la COP 21 et la COP 22 ? Si la COP 21 était celle de la signature de l'accord de Paris, "la pertinence de la COP 22 résidera dans le choix des priorités", selon Mme El Haité, qui estime que "Le Maroc a promis à l'opinion internationale d'organiser une COP de l'action", car "les négociations durent, prennent du temps pour se concrétiser. Les actions sont plus concrètes, et nous permettent de donner l'exemple en étant précurseurs", a-t-elle estimé, évoquant la création de la station solaire Noor.

L'engagement du privé est nécessaire

"Le climat n'a plus besoin que l'on fasse des speechs, ou que l'on négocie pendant 40 ans", a-t-elle souligné, en raison du fait que l'environnement est, désormais, "une affaire d'État", qui appelle à des politiques d'État. Mais pas que: "l'implication du privé, des collectivités locales et de la société civile est fondamentale", a rappelé la ministre.

L'ambassadeur-négociateur de la COP 22 Aziz Mekouar est allé dans le même sens, estimant que "les acteurs non-étatiques ont leur rôle à jouer", et que "le secteur privé est très engagé aujourd'hui, pour la résolution du problème du changement climatique." Il a également mis l'accent sur le fait que le mode opératoire des négociations pour le climat a changé, depuis la conclusion de l'accord de Kyoto: "avoir un accord qui impose trop de choses ne sert à rien", et ne sera que peu respecté par les États signataires, a déclaré M. Mekouar.

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