08/07/2019 21h:40 CET | Actualisé 23/07/2019 10h:48 CET

Alstom renforce sa présence au Maroc et double les capacités de son usine à Fès

Le fournisseur des rames de TGV et des tramways du Maroc dévoile sa nouvelle stratégie.

Alstom

ÉCONOMIE - Le géant français du transport ferroviaire Alstom, qui a présenté, la semaine dernière en France, son nouveau plan stratégique “Mobility by Motion” lors de son assemblée générale, mise à nouveau sur le Maroc où il souhaite renforcer sa présence. La filiale marocaine du groupe a présenté, ce lundi à Casablanca, la vision d’Alstom Maroc et annoncé ses ambitions sur le marché africain et du Moyen-Orient. 

Avec ce nouveau plan stratégique, Alstom rompt avec le passé et ses précédentes stratégies, qui s’appuyaient surtout sur l’expansion géographique du groupe, pour dorénavant consolider sa présence industrielle dans les pays où l’entreprise est déjà implantée, avait annoncé fin juin, à Paris, le PDG Henri Poupart-Lafarge. Sur le marché africain et la zone Moyen-orient (MOA), Alstom vise un chiffre d’affaire de 10 milliards d’euros par an, à l’horizon 2023, avec une marge d’exploitation ajustée autour de 9% en 2022 ou 2023, au lieu de 7% actuellement, indiquent des chiffres communiqués lors d’un point presse. 

Une conférence durant laquelle le président MOA Didier Pfleger a dévoilé les objectifs fixés par le groupe pour atteindre ces chiffres: le renforcement du nombre de sites de production, l’innovation par des solutions de mobilité plus vertes et plus intelligentes et la facilitation des livraisons grâce à la puissance digitale, a-t-il souligné. 

Le PDG d’Alstom Maroc, Nourddine Rhalmi, a pour sa part indiqué qu’Alstom œuvre “pour être un partenaire fiable du Maroc en accompagnant les projets emblématiques du royaume tels que la ligne à grande vitesse (LGV) et les tramways des villes de Rabat-Salé et de Casablanca”. Le groupe, à travers sa filiale, participe notamment aux travaux de maintenance des locomotives électriques de l’ONCF dans les villes de Tanger, Fès, Marrakech et Casablanca.

Le développement du câblage

Alors que l’industrie ferroviaire est en pleine expansion avec le développement de grands chantiers un peu partout dans le royaume, Alstom a annoncé, dans sa nouvelle stratégie, vouloir développer davantage le câblage. Ce, à travers  Cabliance, le premier câbleur ferroviaire autonome industriellement du pays. L’entreprise, créée en 2011 et spécialisée dans les faisceaux et les armoires électriques pour le marché ferroviaire, a été rachetée en 2016 par Alstom. Aujourd’hui, elle compte pas moins de 420 collaborateurs et une vingtaine de projets dans le monde entier. 

Au Maroc, c’est dans la ville de Fès que le groupe français a décidé de renforcer sa présence en doublant les capacités de son usine Cabliance, qui fabrique une production dédiée au marché national et à l’export. Le nouveau site annoncé s’étendra sur une surface de 12.000 m2, générera 580 emplois, dont 330 directs, et près de 1.000 emplois d’ici 2023. “Ce site correspond parfaitement à notre vision qui repose sur l’accompagnement du développement ferroviaire au Maroc et de la transition vers de la mobilité durable connectée. Notre stratégie vise à développer un panel de fournisseurs qualifiés et en marge avec les standards ferroviaires internationaux et soutenir les fournisseurs déjà implantés au Maroc pour répondre aux besoins croissants de mobilité des Marocains”, a relevé Nourddine Rhalmi. 

Le groupe, implanté ici depuis 100 ans, “contribue à l’éclosion d’une filière ferroviaire dans le pays et se veut un partenaire historique du développement de l’infrastructure ferroviaire marocaine depuis près d’un siècle” a rappelé le groupe durant le point presse.