TUNISIE
03/01/2019 14h:02 CET | Actualisé 03/01/2019 14h:03 CET

Alors que la Tunisie est à l'aube de nouvelles élections: Des organisations de la société civile appellent "à sauver l'ISIE"

...et pressent l'ARP de tenir une plénière à ce sujet dans les plus brefs délais.

FETHI BELAID via Getty Images

Plusieurs organisations de la société civile ont appelé, jeudi, à “sauver l’Instance Supérieure Indépendante pour les Élections”, en proie à de nombreuses difficultés, en l’absence de président et de certains membres, toujours pas élus par l’Assemblée des représentants du peuple (ARP).

Selon un communiqué signé par Al Bawsala, ATIDE, Awfiya, Jeunesse Sans Frontière, Kolna Tounes, la Ligue des Électrices Tunisiennes, Mourakiboun et l’observatoire chahed, le succès des prochaines échéances électorales dépend de l’élection des membres et du président de l’ISIE.

 

Face au retard pris dans leurs élections, les associations expriment “leurs préoccupations” notamment après un cinquième report, en date du 21 décembre dernier, de la part de l’ARP, de la plénière consacrée à l’élection des membres de l’ISIE, qualifié par les signataire comme une “obstruction systématique et un approfondissement de la crise que traverse l’ISIE, dont les travaux sont bloqués depuis des mois”.

Face à ce constat, les 8 associations signataires demandent à l’ARP de faire de l’élection des membres et du président de l’ISIE une priorité en organisant une plénière dans ce sens avant la fin du mois de janvier, et ce “en faisant prévaloir l’intérêt national”.

Auquel cas, ces associations tiendraient l’ARP pour responsable des éventuelles retombées sur l’organisation des prochaines élections, appelant l’ensemble de la société civile à se joindre à leur mouvement afin de “sauver le processus démocratique et de protéger les instances constitutionnelles”.

Ce n’est pas la première fois que la société civile se mobilise à cet effet. En septembre dernier, Al Bawsala avait déjà appelé l’Assemblée des représentants du peuple à tenir une session parlementaire extraordinaire afin d’élire les membres de l’ISIE et notamment son président.

Al Bawsala avait rappelé que l’ARP aurait dû réagir dès le mois de mai 2018 lors de l’éviction du président de l’ISIE afin de l’écouter et d’examiner ce dossier et les problèmes qui en découlent sans attendre que ce dernier ne démissionne. Cette démission selon l’ONG a permis à l’ARP de clore le dossier , sans véritablement faire la lumière sur ce qui s’est passé à l’intérieur de l’Instance.

Le président de l’Instance Supérieure Indépendante des Élections (ISIE) Mohamed Mansri Tlili  avait annoncé sa démission de l’Instance, le 05 juillet dernier.

Au lendemain des élections municipales, le 28 mai dernier, le Conseil de l’ISIE avait entamé le processus de révocation de Mohamed Mansri Tlili de son poste de président de l’Instance. L’Assemblée des représentants du peuple avait prévu une plénière, le 03 juillet, pour voter sur la révocation de Mansri. Celle-ci a avait été reportée à une date ultérieure avant l’annonce de sa démission le 05 juillet.

Originaire de Sidi Bouzid, et avocat à la Cour de cassation depuis 1999, Mohamed Mansri Tlili  a été élu à la tête de l’Instance Supérieure Indépendante pour les élections en novembre 2017.

Au mois de mai 2017, l’ancien président de l’instance, Chafik Sarsar, avait présenté sa démission dénonçant de fortes pressions.

L’ISIE se dit prête

De son côté, Anouar Ben Hassen, membre de l’Instance a balayé les doutes d’Al Bawsala dans la foulée de son communiqué de septembre dernier assurant que l’ISIE est prêt à organiser les élections, même sans président.

“À travers mon expérience au sein de l’Instance, je peux vous assurer qu’elle est prête!” avait-il affirmé expliquant que l’Instance travaille “de façon habituelle” et justifiant cela par l’adoption de son budget et l’ouverture des inscriptions sur le registre électoral.

“Nous avons également eu de nombreuses discussions sur les problèmes qui ont eu lieu en lors des élections de 2014 et des élections municipales afin de pouvoir les prévenir” en 2019 Nous avons également eu de nombreuses discussions sur les problèmes qui ont eu lieu en lors des élections de 2014 et des élections municipales afin de pouvoir les prévenir” en 2019 a-t-il conclu.

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