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13/02/2016 07h:45 CET | Actualisé 13/02/2017 06h:12 CET

Allègement de la dette des pays du tiers-monde, nous en sommes encore loin

Ayant pour thème "Repenser et renforcer le développement social dans le monde contemporain", la 54e session de la Commission du développement social du Conseil économique et social de l'ONU (ECOSOC) a lieu du 3 au 12 février.

AFP

Ayant pour thème "Repenser et renforcer le développement social dans le monde contemporain", la 54e session de la Commission du développement social du Conseil économique et social de l'ONU (ECOSOC) a lieu du 3 au 12 février.

La représentante de l'Algérie, madame Imene Bellout a plaidé "pour le respect de l'intégralité des engagements pris dans le cadre du Consensus de Monterrey qui consacre clairement l'allègement de la dette, la promotion de l'investissement productif et la réforme de la gouvernance économique mondiale".

Effectivement, tout le monde sait que le développement du continent africain, la réduction des inégalités passeront par l'allègement de la dette envers les pays occidentaux. Tout cela est possible.

Mais malgré les bonnes volontés de l'ONU, les féodalités capitalistes et leurs laquais des institutions de Brettons Word exigent chaque fois, dur comme fer, que le moindre sou de la moindre dette soit payé au moment précis de son exigibilité. Pourquoi donc cela ?

La réponse nous la trouvons dans le livre intitulé "L'Empire de la Honte", publié en 2005 par l'auteur engagé Jean Ziegler, cet altermondialiste convaincu.

Et Ziegler répond : "leur motivation n'a rien à voir avec une quelconque rationalité bancaire mais bien avec la logique du système de domination et d'exploitation qu'ils imposent aux peuples du monde".

Et voici mon résumé des explications de Ziegler in son livre: "Le plus puissant des moyens de domination des pays du nord sur les pays du sud est aujourd'hui : le service de la dette.

L'atrocité du système mondial consiste à maintenir des populations dans la misère totale, accaparées à rembourser le service de leur dette. Et pourtant, l'argent prêté par les organisations financières internationales n'avaient servi qu'à enrichir les bourgeoisies compradores et à rembourser le service de la dette et n'avait nullement servi aux développements des pays du tiers monde. C'est le cercle vicieux entretenu pour légitimer comme au temps de l'esclavage, du colonialisme la suprématie de la race blanche au mode de vie non négociable pour reprendre l'expression de l'ex-président américain Reagan.

Lorsqu'on évoque l'éventualité d'effacer les dettes du tiers monde, l'argument des mercenaires du capital consiste à dire : "Quiconque touche à la dette met en danger de mort l'économie du monde".

Ce que démentent sociologues et économistes avertis : "Les versements effectués au cours des dix dernières années par les 122 pays du tiers-monde au titre de service de leur dette vers les Etats et les banques des pays du Nord se sont élevés à moins de 2% du revenu national cumulé des pays créanciers.

Si l'on considère la crise boursière qui a secoué la quasi-totalité des places financières on constate que les valeurs détruites en bourse durant cette période ont été soixante dix fois plus élevées que la valeur cumulée de l'ensemble des titres de la dette extérieure des 122 pays du tiers-monde. Et malgré l'ampleur des capitaux anéantis, la crise boursière de 2000-2002 n'a pas provoqué l'effondrement du système bancaire mondial".

On peut conclure qu'une annulation pure et simple de la totalité de la dette extérieure des peuples du tiers-monde n'aurait sur l'économie des Etats industriels et sur le bien être de leurs habitants aucune influence. Les riches resteraient très riches, les pauvres deviendraient un peu moins pauvres.

Qu'on le veuille ou non le développement des pays du Sud dépend aussi du bon vouloir des puissants des pays du Nord.

Tout le monde sait aujourd'hui que les guerres ne sont pas la solution. Et qu'il faut promouvoir la coopération au lieu de la compétition.

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